Quand le travail perturbe le sommeil

C. Barruyer Prévention BTP, 2014, n°172, pp.42-44.
L’insomnie affecte 12 à 15% des hommes de 20 à 55 ans. Son origine serait le stress mais pas seulement. Dans le secteur du BTP, les contraintes physiques et psychiques de l’activité professionnelle sont incriminées.
Le bruit diurne a un impact sur la qualité des nuits. En effet, un environnement sonore agressif augmente le taux de cortisol sanguin, ce qui induit "un sommeil plus léger, plus fragmenté, plus sensible à tout perturbateur". S’y ajoute le risque d’acouphènes, générateurs d’insomnie lorsqu’ils deviennent permanents.
Le chaud, le froid perturbent la régulation de la température du corps, qui s’abaisse d’un degré pendant le sommeil.
Les travaux souterrains troublent les mécanismes de veille-sommeil dont la lumière du jour est le principal régulateur.
Les douleurs chroniques ou d’origine inflammatoire rendent l’endormissement difficile et créent une multitude de micro-réveils qui fragilisent la qualité du sommeil.
Le travail posté et les horaires décalés sont générateurs d’insomnie (la qualité du sommeil diurne est souvent moins bonne que celle du sommeil nocturne en raison du bruit, de la lumière). Il s’ensuit une somnolence pendant les heures de travail (risque majoré de 25 à 62% dans des études finlandaises).
S’y ajoutent le surpoids (qui favorise les apnées du sommeil), la consommation d’excitants, la prise de repas trop riches le soir et le coucher trop tardif.
Il suffit parfois d’une chambre aérée quotidiennement, calme et fraîche, sans télévision, sans ordinateur, sans téléphone portable et d’un lit suffisamment grand (1,60 X 200 m pour un couple) pour s’endormir paisiblement.
(publié le 6 mai 2014)