Troubles du sommeil
Eclairage 2010

P. Ogrizek, D. Léger, S. Royant-Parola, V. Londe, M. Monnier, I. Poirot, C. Colas des Francs, S. Hartley, A. Metlaine, M-F. Vecchierini. Le Concours Médical, 2010, vol.132, n°7, p.273-293. Bibliographie
Le mauvais sommeil coûte cher à la société : absentéisme au travail, baisse de la productivité et de la performance, accidents du travail ou de la route, dépressions, pathologies cardiovasculaires (selon les données australiennes en 2004 : 7 494 millions de dollars pour une population de 20,1 millions d’habitants). En France, l’employeur supporte 88% du coût indirect de l’insomnie, c’est à dire les conséquences sociales de l’insomnie, telles que les problèmes de santé, les conséquences professionnelles (baisse de productivité et absentéisme) et les accidents.
Les conditions de travail peuvent être un facteur déclenchant de troubles du sommeil, lorsque celles-ci sont reconnues comme un facteur de stress. Les facteurs organisationnels comme le travail de nuit peuvent directement jouer sur les conditions de sommeil. La somnolence au travail, fruit d’une insomnie est à l’origine d’une sur-accidentalité mais retentit aussi sur l’adaptation au travail avec un absentéisme élevé.
Selon la classification internationale des troubles du sommeil, il existe une cinquantaine de troubles regroupés en six familles principales : les insomnies, les troubles respiratoires durant le sommeil, les hypersomnies, les troubles du rythme circadien, les parasomnies (dont le somnambulisme) et les mouvements anormaux durant le sommeil.
L’évaluation de la plainte insomniaque n’est possible qu’après un interrogatoire précis et minutieux ; l’approche sera multicentrique : évaluation somatique, psychologique, environnementale. L’autoquestionnaire et l’agenda du sommeil sont des outils essentiels pour aider à caractériser une insomnie. Le recours à la polysomnographie ou à l’actimétrie (enregistrement des mouvements traduisant l’alternance activité-repos pendant 8 jours) est du ressort du spécialiste des troubles du sommeil.
Améliorer l’hygiène de sommeil est l’étape indispensable mais elle est difficile car elle nécessite un changement de comportement du patient par rapport à ses habitudes de sommeil. Les hypnotiques ne seront prescrits qu’en cures courtes sous peine d’induire une dépendance importante chez les patients. Le sevrage ne débutera qu’après stabilisation du sommeil. Les insomnies primaires dont l’insomnie psychophysiologique relèvent de thérapies comportementales et cognitives ; les plus utilisées sont le contrôle du stimulus visant à rétablir le lien entre le lit et le sommeil et la restriction du temps passé au lit.
Le réseau Morphée créé en 2002 et regroupant des professionnels de santé majoritairement franciliens, médecins libéraux et hospitaliers, autres professionnels médicaux et paramédicaux, établissements de santé, associations de patients, a pour objectif d’aider à la prise en charge dans les troubles du sommeil chroniques. Les actions se répartissent selon différents axes : coordination des soins, information, éducation, prévention, formation et aide aux professionnels. Des ateliers du sommeil sont proposés depuis 2006 en Île-de-France aux personnes insomniaques.
L’Association française de narcolepsie-cataplexie et hypersomnies rares (ANC) , créée en 1986 , à l’unité de sommeil de Montpellier est un réseau de solidarité qui réunit et soutient les personnes concernées par ce handicap.
(publié le 25 août 2010)