Utilisation du test MOS SF-36 pour l’évaluation de la santé perçue d’une population de 4476 salariés de la région Nord-Pas-de-Calais. Etude réalisée en 2007-2008

P. Laurent, S. Pinte, S. Gerard-Guery, S. Wehrly, B. Pamart Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2009, vol.70, n°5, p.525-549
Afin de valider l’utilisation en milieu de travail du Medical outcome study short-form 36 item health survey (MOS SF-36), test utilisé pour l’évaluation de la santé perçue, physique ou mentale, de populations de patients ou dans des études de santé publique, une enquête a été menée auprès de 4 476 salariés suivis par les services d’entreprises de la région Nord-Pas-de-calais, vus en visite médicale périodique entre le 1er septembre 2007 et le 31 mars 2008.
L’enquête s’est déroulée par questionnaire comportant 36 questions permettant d’évaluer sous forme de scores de 0 à 100, huit dimensions de la santé perçue. Deux scores résumés ont été établis, un concernant la santé physique et l’autre la santé mentale.
Parmi les répondants, 94,7% estiment être en plutôt bonne santé. -l’âge moyen est de 40,1 ans (± 9,8 ans)- et la cohorte bénéficie de l’effet travailleur sain (les malades ne sont pas au travail).
Les résultats indiquent que la santé physique dépend de facteurs personnels comme l’avancée en âge ou l’obésité et de facteurs professionnels tels que le fait de travailler en horaires postés ou d’œuvrer dans le secteur industriel.
Concernant la santé psychique, deux secteurs sont particulièrement à risques : l’activité de service et l’industrie, notamment l’activité sous contrainte de temps et le travail posté. Dans cette étude, l’horaire de nuit apparaît protecteur sur le plan psychique (horaire choisi et non subi, hiérarchie moins présente la nuit, horaire permanent permettant des cycles veille-sommeil réguliers et non décalés dans le temps). Les femmes sont plus à risque de même que les sujets présentant des difficultés physiques.
Les résultats sont cohérents avec ceux d’autres publications nationales ou internationales utilisant d’autres outils de mesure que ce test.
Les auteurs concluent que ce test constitue un bon outil d’évaluation de qualité de vie, qu’elle soit physique ou mentale et peut être utilisé aussi bien dans des études transversales que pour des études longitudinales car il a la faculté de mesurer efficacement les changements d’état de santé.
(publié le 19 février 2010)