Hypnose médicale : quel intérêt ?

C. Hingray La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2020, vol. 34, n°1035, pp. 120-121. Références
L’hypnose connaît un véritable engouement mais de fausses croyances sont toujours ancrées dans les esprits.
L’hypnose est une méthode thérapeutique au cours de laquelle le médecin propose au patient un mode de communication, où il lui fournit des outils pour induire des changements (susciter la résilience, trouver ressources et solutions, et transformer un contexte négatif en une perception positive), car le sujet reste parfaitement conscient et actif.
L’hypnose est une thérapie reconnue et utilisée dans de nombreuses indications avec composante douloureuse et/ou émotionnelle. Les indications validées pour l’instant concernent l’hypoanalgésie (apaisement de la douleur) et notamment dans le syndrome de l’intestin irritable.
Les applications ont été proposées en cancérologie, obstétrique, dentisterie, attaques de panique, phobies, stress post-traumatique, éventuellement dermatoses, sevrage de substances psychoactives ...).
Aucun effet secondaire grave n’a été rapporté.
La seule contre-indication concerne les personnes souffrant de psychose ou de troubles délirants lors des phases de décompensation.
Sans pour autant induire une transe hypnotique formelle, le médecin peut adopter une communication plus positive avec le patient, de façon à renforcer sa relation avec lui et l’aider à exploiter ses propres ressources.
De plus en plus de médecins se forment à l’hypnose au travers des 30 DU existants, mais aussi de formations indépendantes. Ils en tirent profit pour leur exercice quotidien.
L’auteur suggère de réserver la pratique de l’hypnose aux médecins, psychologues et dentistes ayant reçu une formation validée, afin d’éviter le risque de manipulations psychologiques qui pourraient être le fait de thérapeutes malveillants ou incompétents.
(publié le 26 juin 2020)