Lumière sur la dépression saisonnière

E. Charles La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2019, vol.33, n°1027, pp.674-675. Références
Le trouble affectif saisonnier (TAF) affecterait 1 à 3% de la population, voire 30% pour les formes les plus bénignes.
Cette pathologie touche plus souvent les femmes et sa prévalence connaît un pic entre 30 et 35 ans, puis diminue jusqu’à 50 ans. Elle augmente à mesure que l’on monte vers le Nord.
Pour l’OMS, ce TAF prend place au sein des troubles dépressifs récurrents.
La symptomatologie est proche de celle d’un épisode dépressif classique mais c’est l’évolution saisonnière qui est spécifique (apparition des symptômes en automne et amélioration spontanée au printemps avec répétition des épisodes chaque année).
C’est la difficulté à resynchroniser les rythmes endocriniens avec l’environnement qui serait responsable de cet état. La sécrétion de mélatonine est perturbée, apparaissant plus précocement pendant la nuit.
Le traitement repose sur la luminothérapie, efficace et bien tolérée. Elle consiste en l’administration d’une lumière blanche de forte intensité tous les jours pendant 2 semaines (entre 6h et 9h le matin), filtrée en UV et selon une durée variable proportionnelle à l’intensité lumineuse. L’amélioration apparaît des les premiers jours d’exposition et l’efficacité se maintient à distance de la cure.
Les effets secondaires bien que rares, peuvent apparaître très tôt et s’amender en 2 à 4 jours. Il s’agit de céphalées, de troubles visuels à type de fatigue et de tension oculaires, d’éblouissements, et plus rarement de vision brouillée.
Cette lumière blanche peut être dispensée par un écran lumineux ou un casque ou des lunettes équipées de LED.
Chaque année, le patient sera invité à renouveler la cure dès l’apparition des symptômes.
(publié le 10 janvier 2020)