Pourquoi la fatigue n’est pas qu’une question de sommeil

E. Young, J-C. Nau La Recherche, 2016, n°518, pp.68-73

Une étude menée aux Pays-Bas fait état sur 20 000 personnes interrogées, de 30% de sujets se plaignant de fatigue constante.
Est-ce que notre vie quotidienne serait par trop épuisante, piégés que nous sommes entre les multiples exigences professionnelles et familiales, notre hyper-connexion au numérique ?
Rien de tout cela ! L’humanité s’est toujours plaint de fatigue, attribuée au fil du temps à l’alignement des planètes, au manque de piété, voire à l’avènement des machines à la télégraphie ou à l’apparition de l’imprimerie.
La fatigue ne serait elle pas liée tout simplement à un manque de sommeil, perturbé qu’il est, par l’abondance de signaux lumineux qui dérègle l’horloge circadienne ?
Pour l’instant, aucun marqueur indépendant n’est en concordance avec la fatigue exprimée par les sujets.

C’est notre hygiène de vie qui est en cause :

  • la sédentarité qui favorise le surpoids et augmente la sécrétion de leptine dont le niveau élevé coïncide avec une perception accrue de fatigue,
  • le stress,
  • la mauvaise alimentation (riche en sucre et pauvre en fruits et légumes)
    Ces trois derniers facteurs sont associés à une inflammation chronique de faible intensité. Mais l’inflammation n’est pas la cause unique car la fatigue reste présente longtemps après la normalisation des marqueurs d’inflammation.

On s’intéresse dès lors à la dopamine impliquée dans la dépression.

Il ne faut pas ne rien faire sous prétexte de fatigue. Il faut se forcer coûte que coûte à poursuivre les activités agréables qui vont permettre une décharge de dopamine mais aussi pratiquer des activés stressantes qui vont entraîner une sécrétion d’adrénaline qui permettra de surmonter sa léthargie.

(publié le 26 janvier 2017)