Risques CV : les différences homme/femme

S. Félibre Le Généraliste, 2020, n°2920, pp. 24-25. Bibliographie

Une étude de cohorte a été menée entre janvier 2005 et mai 2019 auprès de 202072 personnes (dont 59,33% de femmes), recrutées et évaluées tous les 3 ans pendant une durée médiane de 9,5 ans dans 4 pays à haut revenu (Canada, Suède, Arabie Saoudite et Émirats arabes unis), 17 à revenu moyen et 6 à faible revenu (Inde, Bangladesh, Pakistan, Pérou, Tanzanie et Zimbabwe).
Sur la totalité de la cohorte, les femmes en prévention primaire avaient un risque cardiovasculaire (RCV) ajusté à 10 ans évalué par le score InterHeart significativement inférieur à celui des hommes : 8,44% versus 11,44%.
Les stratégies de prévention primaire (modifications du mode de vie, prescription de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité) sont mieux appliquées chez les femmes que chez les hommes.
À l’inverse, en prévention secondaire, les stratégies validées (médicaments, explorations paracliniques, revascularisations coronaires) étaient moins fréquentes chez les femmes.
Les différences entre hommes et femmes sur tous les critères ont été observées dans les trois niveaux économiques de pays mais étaient moins marquées dans le groupe de pays à bas revenu, que ce soit en prévention primaire ou en prévention secondaire.

Ces données n’ont pas de véritable impact sur les pratiques de médecine générale en France (considéré comme pays riche). Il est important cependant de ne pas négliger la prise en charge des femmes après un premier événement cardiovasculaire clinique.

(publié le 28 septembre 2020)