Violence et schizophrénie

A. Fillon Quenneville, F. Millaud La Revue du Praticien, Médecine générale, 2017, vol. 31, n°976, pp. 164-165. Bibliographie
Les gestes de violence perpétrés par les schizophrènes sont rares mais frappent l’imaginaire collectif.
Le risque d’homicide bien que très faible est accru chez les schizophrènes : 0,3% par rapport à 0,02% et chez l’homme, il est multiplié par 17 si une dépendance à l’alcool est associée. Les gestes violents sont généralement dirigés contre l’entourage immédiat et ont lieu en grande majorité au domicile.
Le diagnostic n’est pas toujours simple : "les patients peuvent se montrer méfiants, ambivalents, ou nier leur pathologie". Les informations émanant des proches, ou du milieu de vie du patient sont indispensables mais pas toujours disponibles.
Les antécédents de violence, la symptomatologie psychotique aiguë, l’abus de substances et l’inobservance médicamenteuse doivent alerter.
Le premier épisode psychotique est une période charnière et près du tiers des patients commettrait un geste de violence dans ce contexte. Les pensées violentes devraient faire partie du questionnaire psychiatrique, comme les idées suicidaires, les menaces ou les gestes.
Les patients bénéficieront d’un traitement spécialisé à long terme. " Les mesures judiciaires peuvent servir d’épreuve de réalité et sont souvent vécues comme contenantes, sécurisantes, tant pour le patient que pour la société"... "L’adhésion à des valeurs pro-sociales, le regret des gestes violents, une bonne autocritique favorisent la prévention des rechutes".
(publié le 20 mars 2017)