Désinfection de l’eau par des produits chimiques et cancer de la vessie : y a-t-il une spécificité européenne ? Une méta-analyse des enquêtes cas-témoins européennes groupées

Water disinfection by-products and bladder cancer : is there a european specificity ? A pooled and meta-analysis of european case-control studies N Coster, C M Villanueva, J J K Jaakkola, M Kogevinas, K P Cantor, W D King, C F Lynch, M J Nieuwenhuijsen, S Cordier Occupational and Environmental Medicine, 2011, vol 68, n°5, pages 379-385. Bibliographie.

Plusieurs enquêtes épidémiologiques ont suggéré une association entre le risque de cancer de la vessie et l’exposition aux trihalométhanes (THMs), le principal produit chimique pour la désinfection (PCD) de l’eau chlorée. Une analyse antérieure groupée des enquêtes cas-témoins d’Amérique du Nord et d’Europe avait estimé une relation dose-réponse additive. Compte-tenu des règlementations sur la désinfection de l’eau de boisson en Europe et du fait des différences majeures qui existent dans les pratiques de désinfection et de l’utilisation des PCDs entre les deux continents, des estimations du risque spécifique de cancer de la vessie en rapport avec l’exposition aux PCDs pour les populations européennes étaient nécessaires. Les auteurs européens ont réalisé un groupement des méta-analyses à deux niveaux des effets aléatoires de trois enquêtes cas-témoins européennes réalisées en France, en Finlande et en Espagne (5 467 sujets : 2381 cas et 3 086 témoins). L’exposition individuelle aux THMs a été calculée en combinant les informations sur l’histoire résidentielle, les estimations du niveau total moyen de THMs (TTMH) dans l’eau du robinet des résidences successives et de la consommation personnelle.

Un odds ratio significatif a été observé pour les hommes exposés à un niveau moyen résidentiel de TTMH > 50 µg/l [OR = 1,47 (1,05 à 2,05)] par rapport aux hommes exposés à des niveaux ≤ 5 µg/l. La tendance linéaire de l’association exposition-risque était significative (p = 0,01). Les risques augmentaient significativement pour des niveaux d’exposition au-dessus de 25 µg/l et avec plus de 30 ans d’exposition à l’eau chlorée, mais étaient principalement influencés davantage par le niveau que par la durée de l’exposition. Aucune association significative n’a été trouvée chez les femmes ou avec l’exposition cumulée par ingestion. Il n’y avait aucune preuve d’un différentiel de relation exposition-réponse pour le TTMH et le cancer de la vessie en Europe et en Amérique du Nord. Par conséquent, une relation risque-exposition globale basée sur 4 351 cas et 7 055 témoins est désormais disponible.

(publié le 6 décembre 2011)