Incidence du syndrome métabolique chez les travailleurs de nuit du milieu des soins

Incidence of metabolic syndrome among night-shift healthcare workers A Pietroivsti, A Neri, G Somma, L Coppeta, I Iavicoli, A Bergamaschi, A Magrini Occupational and Environmental Medicine, 2010, vol.67, N°1, pages 54-57. Bibliographie.
Le travail de nuit est associé avec les troubles cardio-vasculaires ischémiques. On ne sait pas actuellement dans quelle mesure il peut être lié de manière causale au syndrome métabolique (SM), qui est un facteur de risque de troubles cardiovasculaires ischémiques. Le syndrome associe à une obésité viscérale des altérations modérées des constantes glycémiques et lipidiques et une élévation de la tension artérielle. Le but de cette enquête italienne était d’évaluer une éventuelle relation causale entre le travail de nuit et le SM. Des infirmiers et des infirmières romains travaillant de nuit, indemnes de toute composante du SM au départ ont été évalués chaque année pour le développement de ce trouble pendant une période de suivi de 4 ans. Des infirmiers et des infirmières travaillant uniquement de jour, examinés aux mêmes échéances ont constitué le groupe de référence. L’incidence cumulée du SM était de 9,0 % (36/402) chez les travailleurs de nuit et de 1,8% (6/336) chez les travailleurs de jour [risque relatif (RR) 5,0 ; IC 95% de 2,1 à 14,6]. Le taux annuel d’incidence de SM était de 2,9% chez les travailleurs de nuit et de 0,5% chez ceux de jour. Les courbes de survie de Kaplan-Meyer des deux groupes étaient significativement différentes (test logarithmique de rang p<0,001]. L’analyse par régression multiple de Cox (méthode de sélection descendante basée sur le ratio de probabilité) a montré que parmi les variables sélectionnées (âge, sexe, tabagisme, consommation d’alcool, histoire familiale, activité physique, et horaire de travail) les seuls prédicteurs de survenue du SM étaient la sédentarité [ratio de risque (RR) 2,92 ; IC 95% 1,64 à 5,18. p = 0,017], et le travail de nuit (RR 5,10 ; IC 95% 2,15 à 12,11 ; p<0,001). En conclusion, le risque de développer un SM est fortement associé avec le travail de nuit chez les infirmiers et les infirmières. Des conseils médicaux devraient être rapidement prodigués chez les travailleurs de nuit ayant le syndrome métabolique et en cas de persistance ou de progression, un changement de rythme de travail devrait être envisagé.
(publié le 15 juin 2010)