Les boissons sucrées, une cible méconnue pour la prévention des maladies cardiovasculaires

J. Dallongeville, B. Charbonnel, J-P. Desprès La Presse Médicale, 2011, vol.40, n°10, pp.910-915. Bibliographie
Depuis 40 ans, la consommation de produits sucrés, boissons incluses, n’a cessé d’augmenter et en 2009, les sucres et les édulcorants représentaient environ 10% des apports énergétiques. Les jeunes constituent les principaux consommateurs. Chez les enfants et les adolescents, les boissons sucrées représentent 21 à 23% des apports hydriques contre 52 à 56% pour l’eau. Parallèlement, il est noté une augmentation de la prévalence de l’obésité et l’observation clinique met en évidence un rôle délétère possible de la consommation excessive de sucre sur le bilan lipidique et la glycémie. Une étude américaine montre un sur-risque de diabète de 24% chez les femmes qui consomment au moins deux boissons sucrées par jour par rapport aux non-consommatrices.
En ce qui concerne l’obésité, il apparaît que la charge calorique apportée par les boissons sucrées n’est pas complètement compensée par une diminution des apports énergétiques des repas suivants, probablement en raison d’une moindre stimulation de la satiété par ces apports liquides.
Dans la cohorte Framingham, la consommation d’une ou plusieurs boissons sucrées par jour est associée au développement du syndrome métabolique. Au total, "les stratégies de prévention de l’obésité et des maladies cardiovasculaires doivent prendre non seulement en compte le déficit d’activité physique, la qualité des acides gras de l’alimentation, et l’équilibre énergétique, mais également la nature des sources d’apports caloriques et particulièrement des apports en boissons sucrées".
(publié le 30 janvier 2012)