Place du médecin du travail dans la prise en charge des patients opérés de chirurgie bariatrique

Q. Durand-Moreau, A. Gautier, P. Rodien, A. Sallé Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol. 76, n°5, pp.485-491. Bibliographie
Une étude transversale monocentrique a été menée auprès des patients pris en charge au CHU d’Angers après une chirurgie bariatrique et suivis à 6, 12, 24, 36, 48, 60 mois et plus. Un questionnaire auto-administré a été proposé à tous les patients.
465 questionnaires de patients occupant un emploi salarié ont été analysés.
Seuls 60,7% des patients ont déclaré avoir consulté leur médecin du travail après l’intervention et la proportion différait selon la catégorie socioprofessionnelle (CSP) chez les femmes. Les cadres sont 81,3% à avoir consulté contre 53,4% d’employées.
83,5% des patients ayant consulté le médecin du travail ont abordé avec lui leur intervention. Mais seuls 4,8% des salariés opérés ont déclaré avoir bénéficié d’aménagements du poste ou du temps de travail à la demande du médecin, malgré l’importance de fractionner leur alimentation en six prises quotidiennes à heures régulières. 1,8% des salariés ont adapté eux-mêmes leur poste sans avoir eu recours au médecin du travail. 6,1% ont bénéficié d’une reconnaissance de travailleur handicapé sans différence significative avec les CSP.
6,1% des patients de l’échantillon ont déclaré bénéficier d’une RQTH sans différence significative en fonction de la CSP (contre 3,4% de la population des 15-64 ans occupant un emploi), mais certains se sentent stigmatisés et craignent une augmentation de la charge de travail de leurs collègues. Le médecin du travail pourra conseiller au salarié de faire la demande de RQTH ; libre à lui ensuite de la faire valoir.
(publié le 2 février 2016)