Régimes amaigrissants

I. Margaritis La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vol.26, n°867, pp.638-639

Quinze régimes amaigrissants ont été analysés par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Il apparaît que ces régimes ou leurs différentes phases peuvent induire des déséquilibres nutritionnels et des inadéquations d’apport : ainsi, les protéines sont consommées en excès de même que le sodium alors que les besoins nutritionnels en calcium ou en vitamines ne sont pas couverts ou que les apports en fibres sont insuffisants.

Il s’ensuit des perturbations physiologiques somatiques délétères pour :

  • le capital osseux (perte de masse osseuse, ostéopénie, risque de fracture),
  • la masse musculaire qui diminue (induisant une baisse de la dépense énergétique de repos),
  • le cœur (troubles du rythme cardiaque),
  • le système digestif (du fait des apports en fibres insuffisants),
  • la fonction rénale (insuffisance rénale par consommation excessive de protéines) ;

mais aussi des modifications du métabolisme énergétique , favorisant la reprise de poids, préférentiellement sous forme de masse grasse ;

un retentissement psychologique (troubles du comportement alimentaire à l’origine du cercle vicieux d’une reprise de poids, dépression et perte de l’estime de soi lors des échecs à répétition des régimes).

Attention aux régimes "yoyo", facteurs de risque cardiovasculaire et de syndrome métabolique et aux régimes très hypocaloriques, favorisant l’inflammation hépatique, la fibrose portale et l’apparition de calculs biliaires.

Au total, un régime amaigrissant ne se conçoit pas sans indication médicale et ne peut être pratiqué sans recommandation ni suivi d’un spécialiste, ou mieux dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire (médecin traitant, endocrinologue, médecin nutritionniste, professionnel de l’activité physique, psychologue). Cela suppose une modification des habitudes alimentaires sur le long terme, associée à l’introduction, au maintien ou à l’augmentation d’une activité physique régulière.

"Rien ne peut remplacer en termes de santé, une alimentation équilibrée, diversifiée, en veillant à ce que les apports énergétiques journaliers ne dépassent pas les besoins".

l

(publié le 2 février 2012)