La restriction cognitive est aujourd’hui la première maladie des obèses

I. Leroy , interview du Professeur Lecerf, Institut Pasteur de Lille Le Généraliste, 2017, n°2789, pp.24-25
Près de la moitié des Français de 30 à 69 ans sont en excès de poids. Il n’est pas justifié pour autant de les faire tous maigrir. La Haute Autorité de Santé (HAS) est claire sur ce point : " il n’y a a aucun argument pour inciter un patient en simple surpoids stable et sans comorbidité associée à perdre du poids, mais il est important de prévenir une prise de poids supplémentaire" ; et seuls les patients obèses (IMC > 30kg/m2) ou ayant une morbidité associée au surpoids doivent maigrir.
L’obésité abdominale, dite gynoïde, définie par un tour de taille > à 94 cm chez l’homme et > 80 cm pour les femmes doit être surveillée.
Face à quelqu’un en sur-poids, il faut l’aider à rééduquer son alimentation, ne rien interdire, mais exiger que le sujet mange toujours à table et sans faire autre chose, si ce n’est en se concentrant sur le plaisir qu’il a à manger et en arrêtant dès qu’il n’a plus faim tout en lui faisant prendre conscience qu’il existe de fausses faims liées au stress et à l’anxiété.
Doit s’ajouter la reprise d’une activité physique mettant "le patient dans une dynamique positive entraînant rapidement un bien-être perceptible". Une cure thermale dans une station spécialisée peut être une bonne aide mais la marche est tout aussi efficace.
Aucun médicament n’a sa place dans la prise en charge de l’obésité, mais dans les années à venir, la situation pourrait évoluer.
L’intervention d’un spécialiste est souhaitable en cas d’obésité sévère (IMC > 40 kg/m2).
La chirurgie bariatrique devrait être réservée aux cas très sévères en raison des nombreuses complications potentielles.
(publié le 24 mars 2017)