Accidents dus à l’électricité

C. Chahine, M.R. M Losser Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux,2009, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 16-515-A-10, 11 p. Bibliographie

Le nombre d’électrocutions est estimé à 3-5 par million d’habitants et par an, soit environ 200 personnes en France. Le premier pic concerne les enfants de moins de 6 ans (accidents domestiques) et le deuxième pic concerne les adultes jeunes, à prédominance masculine, lié aux accidents de travail et aux bricoleurs imprudents. D’autres circonstances sont possibles : activités de loisirs, tentatives de suicide, attitudes imprudentes, accidents médicaux, armes défensives. Il faut bien distinguer l’électrocution de l’électrisation, l’électrisation se caractérisant par le passage d’un courant électrique à travers le corps humain ainsi que l’ensemble de ses conséquences tandis que l’électrocution correspond au décès par électrisation. La gravité des lésions dépend de différents paramètres : intensité, tension, type de courant, résistances corporelles, type et durée de contact, surface de contact et trajet corporel du courant. Les manifestations cliniques sont cardiaques (infarctus du myocarde, troubles du rythme, troubles de la conduction, voire arrêt cardiaque), vasculaires, neurologiques, musculaires, cutanées (brûlures électrothermiques, brûlures par arc électrique ou par flash électrique), rénales, respiratoires, digestives, ophtalmologiques, obstétricales (possibilité de mort in utero car le liquide amniotique est un bon conducteur électrique) ou orthopédiques. Le tableau clinique immédiat est très variable, du plus bénin au plus grave. La prise en charge de l’électrisé vise à éviter le sur-accident, à assurer la surveillance et la suppléance des fonctions vitales, à faire le bilan exhaustif des lésions avec prise en charge pluridisciplinaire au besoin et à limiter les séquelles. La régulation et la coordination des premiers secours médicalisés est une étape clé dans la prise en charge initiale. Selon la gravité et la nature des lésions, l’orientation de la victime se fait vers une unité de soins intensifs cardiologiques, une réanimation polyvalente ou vers un centre de traitement des brûlés. Une prise en charge chirurgicale peut être nécessaire à la phase initiale en cas de lésions viscérales et/ ou osseuses associées. L’objectif qui va conditionner le devenir est d’assurer une stabilité hémodynamique, de lutter contre l’hypovolémie, l’insuffisance rénale aiguë myoglobinurique et l‘extension des lésions. Sédation-analgésie, anticoagulation préventive et antibiothérapie préventive sont justifiées. Les séquelles peuvent être très graves et invalidantes d’où l’importance d’une rééducation fonctionnelle et d’une prise en charge psychologique précoces chez ces patients. Enfin, il est important de mettre en place des mesures de prévention des accidents électriques dans le cadre des accidents du travail et des accidents domestiques.

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(publié le 1er octobre 2009)