Animaux venimeux terrestres

L. de Haro Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, Pathologie professionnelle et de l’environnement, vol.10, n°4, 16-078-A-10, 12 p. Bibliographie.

Parmi les animaux venimeux terrestres, les serpents sont le groupe représentant le plus grand risque pour l’homme et la toxicité du venin varie selon les différentes espèces.
En France, seules deux vipères peuvent mettre en jeu le pronostic vital ; la vipère péliade (serpent des régions froides) et la vipère aspic (serpent des régions ensoleillées et des températures clémentes) ne sont pas des espèces agressives et ne mordent que lorsqu’elles se sentent en danger.
La morsure ressentie comme un "coup de marteau" ne dure que quelques dixièmes de seconde pendant lesquelles le venin est injecté sous pression. Il n’y a pas obligatoirement envenimation. La gravité de l’envenimation est étroitement corrélée aux concentrations sanguines de venin ; mais cette véninémie ne peut être effectuée en urgence.
La prise en charge d’une envenimation vipérine obéit à des règles précises :

  • immobiliser la victime,
  • prévenir les secours pour un transport à l’hôpital où la gradation de l’envenimation se fera aux urgences ;
  • enlever tous les garrots potentiels,
  • désinfecter la plaie,
  • placer un bandage non serré (pouvoir passer un doigt) de la racine du membre vers la périphérie,
  • éviter de proposer du café ou du thé,
  • éviter d’inciser, d’aspirer ou de cautériser, ou d’injecter un antivenin en dehors d’une structure hospitalière.
  • l’utilisation d’un Aspivenin est sans intérêt (inefficace).

Le patient au grade 0 sera surveillé quelques heures.
Au stade 1 : algies intenses, œdème inflammatoire, éventuellement phlyctènes au niveau de la zone mordue ; surélever et immobiliser le membre, prescrire antalgiques, éventuellement antibiotiques.
Au stade 2 : œdème extensif avec parfois signes généraux et au stade 3 : œdème dépassant la racine du membre, importants troubles digestifs et détresse polyviscérale ; le seul traitement efficace est le sérum antivenimeux Viperfav® (le seul disponible en France) en une seule perfusion, l’antibiothérapie ne sera pas systématique mais les lésions seront étroitement surveillées (hospitalisation de 1 à 4 jours).

La France compte cinq espèces de scorpion toutes inoffensives mais la Guyane et La Réunion abritent des espèces plus dangereuses, tout comme le Maroc, le Sahel, l’Afrique australe, le Moyen-Orient, l’Asie, l’Amérique latine, responsables de signes locaux ou d’envenimations systémiques, voire de formes généralisées graves avec troubles respiratoires majeurs, perturbations cardiovasculaires ; le traitement est symptomatique et le recours à des antivenins est controversé.

Quant aux araignées, elles n’entraînent pour la plupart que des signes locorégionaux, sauf celles appartenant au genre Loxoceles dont le venin est reconnu comme toxique nécrosant.

Parmi les insectes, les hyménoptères sont à eux seuls responsables de la majorité des envenimations et de la majorité des décès par envenimation. Une piqûre unique de guêpe ou de frelon guérit spontanément en 24 heures. Des piqûres multiples peuvent être à l’origine d’un tableau anaphylactoïde et non pas anaphylactique. Chez certains patients, une seule piqûre peut induire un choc anaphylactique, nécessitant l’administration d’adrénaline.
Les fourmis peuvent disposer d’aiguillons ou de puissants muscles leur permettant de projeter à distance le venin qui possède un fort pouvoir irritant. Il faut aussi compter avec les Lepidoptères responsables de papillonites causées par les papillons adultes et les érucismes, conséquence d’une envenimation par les chenilles.

(publié le 31 décembre 2015)