Couverture vaccinale antigrippale saisonnière et pandémique (H1N1) 2009 :
étude auprès du personnel du CHU d’Angers

C. Boyeau, M. Tanguy, S. Péan, A. Delhumeau, S. Fanello Santé publique, 2011, n°1, pp.19-29. Bibliographie
Une étude observationnelle descriptive a été menée au Centre Hospitalier d’Angers entre novembre 2009 et février 2010 sur 532 salariés qui constituaient un échantillon représentatif de l’ensemble du personnel du CHU en ce qui concerne la catégorie socioprofessionnelle, l’âge et le sexe.
Le CHU comptait 968 personnels médicaux et pharmaceutiques, 4 604 personnels non médicaux dont 77,34 % affectés aux soins.
L’enquête s’est déroulée par questionnaire et avait pour objectif d’évaluer la perception du risque, les changements de comportement et l’acceptation de la campagne vaccinale 2009 contre la grippe saisonnière et A (H1N1) par le personnel d’un Centre Hospitalier Universitaire.
Une personne sur cinq était vaccinée contre la grippe saisonnière (22,3% dont 14 % pour le personnel paramédical et 45% pour le personnel médical)
Une personne sur trois était vaccinée contre la grippe A (H1N1) 2009 (36,5%), mais à l’issue de la campagne de vaccination dans ce CHU, ce sont 54,88% du personnel médical et 20,2% du personnel paramédical qui étaient vaccinés.
Il est noté une association très nette entre profession et vaccination antigrippale : ainsi dans le service d’urgence où la couverture globale restait basse (29%), les médecins étaient les plus vaccinés (47%) contre 19% des infirmiers et 23% des aides-soignants.
L’âge est également un facteur déterminant : les personnes de plus de 50 ans ont un taux de couverture vaccinale supérieure en ce qui concerne la grippe saisonnière. Par contre, il n’y a pas de différence significative pour la grippe A.
A particulièrement influencé les personnes en faveur de la vaccination contre le virus A(H1N1) 2009 : le souci de protection de l’entourage en particulier des enfants.
A contrario, les motifs de non vaccination contre la grippe A (H1N1) sont : une inquiétude face aux effets secondaires du vaccin en raison de sa composition et du manque de recul pour proposer une campagne de vaccination à grande échelle. La médiatisation péjorative et les polémiques qui en ont résulté en sont les principales causes.
Parmi les motifs de non-vaccination contre la grippe saisonnière : la peur des effets secondaires à court terme, une mauvaise connaissance de l’efficacité du vaccin, le fait de ne pas se considérer à risque, une perception insuffisante de la gravité de la maladie et une grande confiance dans les médecines alternatives, notamment l’homéopathie pour prévenir la grippe.
De cette étude, il faut conclure que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière doit être accompagnée, chaque année d’une information tout particulièrement ciblée sur le personnel paramédical de moins de 50 ans n’ayant jamais été vacciné ou étant porteur de maladie chronique, qu’il faut responsabiliser. Enfin, il faut évaluer la couverture vaccinale qui est un indicateur de la qualité des soins.
(publié le 10 mai 2011)