Les vaccinations

D. Floret, D. Torny ADSP, Actualité et dossier en santé publique, 2010, n°71, pp.13-49. Bibliographie
Cet important dossier fait le point sur les vaccinations dont l’histoire est émaillée de divers rebondissements mais dont le domaine continue à s’élargir.
C’est Louis Pasteur qui inventa le terme de vaccin (1881). Le premier vaccin est celui de la rage (1885), suivi par celui de la typhoïde (utilisé dans les tranchées en 1914), puis par le BCG inoculé pour la première fois en 1922 chez un nouveau-né de famille tuberculeuse. Suivent ensuite les vaccins contre la diphtérie (1926), le tétanos, la coqueluche (1930). Arrivent ensuite les vaccins antiviraux avec en tête celui contre la polioméylite (entre 1954 et 1956). C’est en 1974 que l’UNICEF (United Nations Children’s Fund), créée en 1949, diffuse le programme étendu de vaccination (PEV).
Depuis 1970, la politique vaccinale française a été modifiée : les nouveaux vaccins ne sont plus obligatoires en population générale, mais sont recommandés. Ils ne sont pas pour autant moins utiles. Les recommandations vaccinales relèvent de la responsabilité du politique, lequel s’appuie sur une structure d’expertise : le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), qui dispose en son sein d’un comité technique permanent : le Comité technique des vaccinations (CTV).
Le vaccin administré à un sujet sain et son utilisation à grande échelle nécessitent que la tolérance du vaccin soit évaluée de la façon la plus soigneuse possible et sur un nombre suffisant de sujets pour éliminer les risques d’effets indésirables fréquents.
La modélisation est particulièrement nécessaire dans le cadre de l’évaluation a priori de l’impact d’une nouvelle vaccination, prenant en compte ses effets directs et indirects. En effet, la vaccination proposée à un grand nombre de sujets va avoir au-delà de son effet direct de protection du sujet vacciné, des effets populationnels indirects.
La vaccination utilise une propriété remarquable du système immunitaire : la mémoire qui, après une vaccination réalisée dans l’enfance permet d’enregistrer, de conserver et de réutiliser ces défenses immunitaires tout au long de la vie.
Le dernier "Baromètre santé médecins généralistes" indique qu’en 2009, la quasi-totalité des médecins généralistes (97,5%) se disaient très favorables aux vaccinations en général.
La surveillance du risque d’effets indésirables résultant de l’utilisation des vaccins mis sur le marché est assurée par l’Afssaps à partir des données de tolérance collectées par le système national de pharmacovigilance. Pourtant, périodiquement, des craintes sont exprimées sur la sécurité des vaccins et se révèlent par la suite sans fondement. "Une meilleure connaissance du profil de sécurité d’emploi des nouveaux vaccins, au moyen d’une pharmacovigilance proactive et d’une communication sur leur balance bénéfice-risques, permettra d’obtenir une meilleure adhésion de la population aux différentes stratégies vaccinales". La pandémie grippale a une fois de plus montré que c’est de l’intérieur des professions médicales que la mobilisation contre la vaccination était la plus forte. La santé publique est aujourd’hui dominée par une éthique du consentement éclairé qui présuppose que les professionnels de santé et leurs patients soient bien informés et libres de leur choix. Cette liberté et les responsabilités associées installent durablement la vaccination comme objet controversé. Informer, communiquer sur la vaccination nécessite de clarifier les enjeux qui existent autour des vaccins. Une communication argumentée sur les vaccins -bénéfices et réalité des risques - doit être émise par les autorités sanitaires à l’attention des professionnels de santé et des médias.
(publié le 28 septembre 2010)