Promouvoir la vaccination : la place de la médecine du travail

D. Camus interviewé par T. Billoir Le Concours médical, 2013, vol.135, n°2, pp.386-387
Le nouveau calendrier vaccinal (avril 2013) est une avancée : il inclut une simplification tout en diminuant le nombre d’injections mais en gardant une efficacité identique.
Il est clair que les médecins du travail occupent une place prépondérante dans la mise à jour des vaccins d’autant que certaines populations (les jeunes en particulier) ne consultent jamais leur médecin traitant.
Ils sont un levier fort car ils peuvent avoir une emprise sur certaines catégories professionnelles. Le refus d’une vaccination obligatoire pour occuper un emploi peut induire un changement de poste, voire une inaptitude.
La prudence s’impose envers la tuberculose ; le HSCP a restreint les recommandations de ce vaccin en supprimant certaines obligations alors que la loi a été maintenue. Or la loi fait force, il est prudent que les personnels prenant en charge les patients atteints de tuberculoses (dont certaines sont multirésistantes) soient vaccinés.
Vis-à-vis de la vaccination contre la grippe, le médecin du travail a un rôle à jouer. Une suspicion s’est instaurée lors de la campagne vaccinale concernant le H1N1 ( danger des adjuvants ? Mode de fabrication du vaccin pandémique ?) De fait le nombre de personnes vaccinées contre la grippe saisonnière diminue entraînant absentéisme professionnel mais aussi et surtout danger pour les personnes à risque. Au médecin du travail de conseiller cette vaccination aux femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse et aux personnes ayant un IMC supérieur ou égal à 40. Le nouveau vaccin Optaflu® préparé sur des cultures cellulaires peut être utilisé chez des sujets de plus de 18 ans, allergiques à l’œuf ou aux aminosides (néomycine et streptomycine) et qui font l’objet d’une recommandation de vaccination contre la grippe.
Au médecin du travail aussi de conseiller les futurs parents quant à la vaccination contre la coqueluche.
Face aux vaccins recommandés par le ministère de la Santé (qui ne veulent pas dire facultatifs), le médecin du travail doit être conscient du risque légal qu’il encourt s’il n’en a pas discuté avec le salarié "en lui apportant une information loyale, claire et adaptée sur les risques encourus par la vaccination mais aussi en cas de non-vaccination".
(publié le 29 août 2013)