Refus vaccinal
Que dit la loi, comment l’appréhender, quelles conséquences ?

J. Gaudelus, L. de Pontual La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2015, vol.29, n°940, pp. 329-334. Bibliographie

Les vaccins sont régulièrement remis en cause par la médiatisation d’éventuels effets indésirables, "le plus souvent allégués mais cependant affirmés sans l’analyse critique indispensable" et de plus en plus souvent, ils sont, ou au moins certains d’entre eux, refusés ou au moins discutés.
Actuellement, ne restent obligatoires en population générale que les vaccinations anti tétanique, antidiphtérique et antipoliomyélitique. Tous les autres font l’objet d’une recommandation qui est soit universelle, soit ciblée.
Si la vaccination est un droit, le refus de vaccination en est un également, au nom de la liberté de conscience et de l’inviolabilité du corps humain, mais le médecin est dans l’obligation "éthique" de vaincre les réticences des patients et de l’informer avec conviction, faute de quoi sa responsabilité pourrait être engagée. En cas de refus des vaccins obligatoires, le médecin informera le procureur de la république dans le cas du mineur ou le juge des tutelles pour le majeur sous tutelle.

Les opposants à la vaccination évoquent des raisons religieuses ou philosophiques, idéologiques, les libertés individuelles et sont parfois partisans de la théorie du complot. Il est illusoire de vouloir les faire changer d’avis. Ils représentent 2% des personnes dans les enquêtes. Les sceptiques ne rejettent pas en bloc les vaccins mais sont partisans d’une pratique sélective.
Il est important d’écouter leurs arguments et de tenter de les comprendre mais aussi de les convaincre du bien-fondé de la vaccination, de rappeler les conséquences de la non-vaccination, ce qui suppose une formation solide, et mise à jour (en s’appuyant sur les recommandations du Comité technique des vaccinations, des société savantes, de l’Inpes ). Si le refus persiste, le médecin prouvera qu’il a donné l’information (inscrira le refus et les risques de la non-vaccination dans le carnet de santé et dans le dossier médical) et fera signer aux parents, un refus de vaccination.
Les médecins traitants s’avèrent donc les acteurs essentiels de la mise en œuvre du programme vaccinal obligatoire et recommandé.

(publié le 23 juillet 2015)