Sclérose en plaques et vaccins : quels risques ?

O. Gout La Revue du Praticien, 2015, vol.65, n°9, pp. 1127-1129. Bibliographie
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire et démyélinisante du système nerveux central dont la prévalence est de l’ordre en France de 90 pour 100 000 habitants. Son origine est multifactorielle et le rôle des infections dans la genèse de la maladie a été évoqué depuis de nombreuses années sans qu’acun agent pathogène particulier n’ait pu être formellement incriminé.
Depuis une publication de 1967 rapportant 9 cas de première poussée de SEP après divers vaccins, le débat est lancé et la suspicion vis-à-vis des vaccinations en général est entretenue.
"La dernière méta-analyse qui reprenait toutes les données de la littérature scientifique sur la relation éventuelle entre les vaccins et la SEP confirmait l’absence de lien épidémiologique entre la SEP et les vaccins les plus souvent pratiqués ( contre la rougeole, la varicelle, les oreillons, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la grippe, l’hépatite B et pour le BCG".
Lors d’une étude récente cas-témoins californienne, les chercheurs ont observé "une augmentation du risque de premier événement démyélinisant (tous vaccins confondus) dans la période de 30 jours après la vaccination chez les individus âgés de moins de 50 ans (OR : 2,32 ; intervalle de confiance à 95% : 1,18-4,57) ce qui traduisait pour les auteurs une accélération de la transition à la maladie chez les patients atteints d’une maladie démyélinisante latente". Ces éléments méritent d’être confirmés.
L’infection déclenchant des poussées de SEP, il est recommandé de vacciner les patients en particulier contre la grippe saisonnière et d’effectuer les rappels recommandés par le ministère de la santé mais si possible à distance d’un poussée et avant la mise en route d’un traitement de fond. Si les patients sont vaccinés en cours de traitement par immunosuppresseurs, il est important de vérifier son efficacité par une sérologie.
(publié le 2 février 2016)