Une synergie entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B et la prévention primaire des carcinomes hépatocellulaires

E. Phan Chan Thé Préventique Sécurité, 2008, N°100, pages 85-90

L’hépatite virale B est une maladie fréquente (2 milliards d’individus seront infectés au cours de leur vie et 450 millions de personnes dans le monde sont porteuses chroniques du VHB). C’est une maladie grave qui peut être responsable de forme fulminante mais aussi de cirrhose et de cancer. C’est la10e cause de décès dans le monde. Le VHB est très contagieux, 100 fois plus que le VIH et 10 fois plus que le VHC. « La transmission du VHB est essentiellement parentérale, sexuelle et materno-fœtale, voire aussi transcutanée dans la petite enfance ». Le VHB est classé comme agent biologique du groupe 3. Il survit dans le milieu extérieur pendant plusieurs semaines dans le sang et sur les surfaces au moins 7 jours à 25°C et résiste aux UV. Il est sensible à l’hypochlorite de sodium et aux aldéhydes et est détruit par la chaleur à partir de 60°C. La France est un pays de faible endémie (2 000 à 3 000 nouveaux cas d’hépatite aiguë, avec tout de même une estimation de 300 000 personnes âgées de 18 à 80 ans porteuses de l’antigène HBs). Il existe un vaccin contre l’hépatite B, commercialisé depuis 1981, rendu obligatoire pour certains professionnels de santé dès 1991 et recommandé par l’OMS dès 1992 pour les enfants de tous les pays. En France, en 1994 une grande campagne de vaccination ciblant les nourrissons et les préadolescents a été lancée mais finalement ce sont surtout les adultes qui ont été vaccinés (60% des 89 millions de doses de vaccin anti-VHB vendues ont été utilisées chez l’adulte). Il s’en est suivi un certain nombre d’affections démyélinisantes et de maladies auto-immunes attribuées à tort au vaccin (l’âge compris entre 20 et 44 ans étant l’âge à risque pour ce type de maladie). Aucune étude (hormis celle d’Hernan et col qui comportait certains biais méthodologiques) n’a montré une relation statistiquement significative entre la survenue d’affections démyélinisantes et le vaccin anti-VHB Pourtant, une polémique nationale a ébranlé l’opinion et il est dorénavant difficile d’augmenter l’adhésion du public au vaccin anti-VHB. Il est essentiel cependant de se mobiliser pour cette vaccination : il s’agit en effet d’une prévention primaire efficace avec un excellent rapport coût-bénéfice ou bénéfice-risque. Le grand public souhaite de nouveaux vaccins contre les maladies redoutées mais boude le premier vaccin « anti cancer ». qui ait été commercialisé, celui contre l’hépatite B (rappelons que cette polémique n’a eu lieu qu’en France). Pourtant, le cancer a des effets dévastateurs : décès à un âge précoce, perte de revenu économique pour la collectivité, coût des soins, coût de la dépendance, coût pour les employeurs des arrêts maladie, etc..... La valeur de production potentielle perdue du fait de la mortalité par cancer est de l’ordre de 17 milliards d’euros ».

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(publié le 2 décembre 2008)