Vaccination
Les cinq questions qui font débat

C. Demarti Le Généraliste, 2012, n° 2600, pp.15-16

Le Ministère de la santé a annoncé mi-mars 2012, la mise en place en 2013 d’un calendrier vaccinal simplifié avec le nombre strictement nécessaire de doses de vaccinations et une présentation telle qu’un adulte pourra s’y retrouver facilement.
Des questions restent posées :

  • Face à l’épidémie de rougeole qui sévit depuis 2008, faut-il rendre la vaccination contre la rougeole obligatoire ? Non semble-t-il (au risque d’une polémique pour un bénéfice réduit à quelques % de vaccinations supplémentaires) Il faut plutôt insister sur la deuxième dose chez le nourrisson, le rattrapage chez les adolescents et les jeunes adultes et marteler les messages par des campagnes de communication.
  • Peut-on supprimer les adjuvants aluminiques ? Bien qu’accusés de tous les maux (syndromes de Guillain-Barré, maladie d’Alzheimer) sans aucune confirmation scientifique, ils seront difficiles à interdire d’autant que cet adjuvant est un garant de l’efficacité en accélérant, prolongeant ou renforçant la réponse immune spécifique induite par le vaccin.
  • Jusqu’où aller dans les coadministrations et vaccins combinés ?
    Chez l’enfant, il existe des vaccins à 6 valences. Un laboratoire travaille à un vaccin avec 7 valences (incluant la méningite C).
    On a l’habitude de considérer en France que deux injections lors de la même séance constituent un maximum, mais la limite est plutôt psychologique qu’immunologique.
  • Faut-il supprimer certains vaccins ?
    Il serait déraisonnable de ne plus conseiller le vaccin contre la poliomyélite au risque de voir la maladie resurgir.
  • Va-t-on faire signer un document aux patients qui refusent un vaccin ?
    L’idée fait son chemin ; les patients signeraient un document "les informant des conséquences possibles, pour eux-mêmes et leur entourage, de l’absence de vaccination et officialisant leur refus de se faire vacciner".
(publié le 7 mai 2012)