Vaccination : baisse de l’adhésion de la population et rôle clé des professionnels de santé

A. Gautier, C. Jestin, F. Beck La Santé en action, 2013, n°423, pp.50-53. Bibliographie
La vaccination a participé à faire régresser de façon spectaculaire le nombre de maladies infectieuses au cours du siècle dernier. Mais l’adhésion à la vaccination semble diminuer, notamment chez les populations les plus défavorisées.
Si la couverture vaccinale est élevée en France pour les vaccinations obligatoires, elle est insuffisante pour d’autres vaccinations recommandées. C’est ainsi qu’une épidémie de rougeole est survenue entre 2008 et 2012 et que 2 500 personnes sont contaminées chaque année par le virus de l’hépatite B.
61,5% des personnes âgées de 15 à 75 ans déclarent être favorables à la vaccination en 2010 mais en 2005 le pourcentage était de 90%. En 2010, 52, 4% des personnes interrogées sont défavorables à certains vaccins.
La population se désinvestit de la vaccination (la proportion de personnes étant à l’initiative de leurs vaccinations a diminué de moité depuis 2005), et pour 6 personnes sur 10, la décision de faire la vaccination revient à un médecin.
Si la vaccination ROR augmente chez les enfants, celle contre l’hépatite B reste insuffisante. 41,1% des parents accepteraient cette vaccination contre l’hépatite B pour leur enfant si un médecin leur proposait (mais ils seraient 55,9% s’il s’agissait de la rougeole).
Des différences sont notées selon le niveau d’études : sont plus favorables à la vaccination, les personnes disposant d’un diplôme au moins équivalent à bac +5 et les personnes "à l’aise" financièrement.
Le contexte de pandémie grippale et la suspicion très médiatisée à l’égard de sa campagne de vaccination ont entraîné la méfiance d’un grand nombre de personnes, véhiculée de surcroît par Internet et les médias sociaux.
Les médecins généralistes occupent en particulier une place primordiale pour informer et faire adhérer leurs patients à la vaccination.
La modification récente du calendrier vaccinal (simplification et baisse d’un certain nombre d’injections) et le remboursement depuis 2008 du vaccin hexavalent incluant la valence hépatite B devraient améliorer, dans l’avenir, la couverture vaccinale.
(publié le 23 juillet 2013)