Vaccination contre l’hépatite B : où en est-on ?

O. Launay, D. Floret La Revue du Praticien, 2015, vol.65, n°7, pp.953-961. Bibliographie
Le schéma vaccinal standard comporte une injection intramusculaire à M0 et M1 et un rappel entre 6 et 12 mois plus tard. Un taux d’anticorps anti-HBs supérieur à 10 UI/L mesuré 4 à 8 semaines après la dernière injection est considéré comme protecteur. Il est obtenu chez plus de 90% des personnes vaccinées mais les meilleurs taux de réponse sont obtenus chez les nourrissons et les enfants. Les facteurs de moins bonne réponse sont l’âge et le le sexe (>30 ans chez l’homme et >40 ans chez la femme), le surpoids, le tabagisme, la consommation d’alcool, certains allèles HLA ou l’existence d’une comorbidité. En cas de non-réponse à la vaccination, il est recommandé d’administrer 1 à 3 doses additionnelles jusqu’à obtenir ce titre protecteur de 10 UI/L sans dépasser un total de 6 injections.
Un schéma accéléré est possible mais nécessite un rappel à un an.
En France, si les taux de couverture vaccinale sont élevés chez les nourrissons, ils le sont moins chez les enfants nés avant 2012 et surtout avant 2008. Les taux sont aussi insuffisants dans beaucoup de populations à risque élevé d’infection virale B.
Le vaccin contre l’hépatite B est efficace au niveau individuel et au niveau collectif. En France, avant la mise en œuvre des campagnes de vaccination contre l’hépatite B, l’incidence de l’hépatite B aiguë symptomatique diagnostiquée était estimée à environ 8000 cas par an, soit environ 20 000 nouvelles infections par an. Depuis, l’incidence annuelle de l’hépatite B est d’environ 630 cas, ce qui correspond à 2500-3000 nouvelles infections annuelles.
L’association sclérose en plaques-vaccination contre le VHB reste présente dans de nombreux esprits bien que qu’aucune étude scientifique ne vienne confirmer le lien entre cette vaccination et les effets indésirables allégués.
Les professionnels de santé ont obligation de se soumettre à une recherche d’anticorps anti-HBs. Un taux supérieur à 100 UI/L est nécessaire pour être considéré comme immunisé. L’obligation de vaccination dans cette population depuis 1991 a été associée à la quasi-disparition des hépatites B professionnelles.
Entre 2007 et 2012, plus de 200 patients ont eu une transplantation hépatique en lien avec une infection par le VHB, qui aurait pu être évitée grâce à la vaccination et les greffons proposés à d’autres patients.
(publié le 5 novembre 2015)