Vaccination, entre réassurance et réticences

B. Gatin Le Généraliste, 2015, n°2718, pp.15-16

L’adhésion des Français à la vaccination a été sérieusement entamée ces dernières années mais les médecins ne sont peut être pas étrangers à cet état de fait.
Exemples :

  • La méningite C est recommandée en routine depuis 2010 chez les nourrissons de 12 mois avec rattrapage jusqu’à l’âge de 24 ans. Or, on constate une augmentation de l’incidence de la maladie chez les petits nourrissons et les adultes jeunes, en lien avec une couverture vaccinale insuffisante dans le cadre de la vaccination de rattrapage, ce qui n’a pas permis une immunité de groupe ; et cela est dû en partie aux médecins qui ne se sont pas suffisamment appropriés cette recommandation.
  • La vaccination HPV a pâti plutôt d’une interrogation quant à son rapport bénéfice/risque, ce qui a entraîné une baisse de couverture vaccinale de 26% en 2011 à 18% en 2013. Or, il est admis par la communauté scientifique que la vaccination anti-HPV a un impact sur la prévalence des cancers du col (baisse de la prévalence des infections HPV et diminution des nouveaux cas de condylome avec une immunité de groupe lorsque la couverture vaccinale est suffisante et une protection croisée sur plusieurs génotypes).
    Les études récentes ne montrent pas d’effets indésirables graves liés à la vaccination bien qu’une étude américaine datant de fin mars 2015 suggère la possibilité d’une stimulation immunitaire pouvant favoriser l’expression clinique d’une sclérose en plaques.

Se dessinent de nouvelles orientations vaccinales : un socle de vaccins traditionnels incontestés et encouragés par le corps médical et des vaccins plus récents qui peinent à s’imposer dans un contexte de ruptures de stocks répétées de certains vaccins, d’alerte sur la vaccination anti-rotavirus (rendue responsable d’invagination intestinale chez le nourrisson) ou encore de relance d’un débat sur l’obligation vaccinale.
Pour sa part Serge Gilberg, membre du Comité technique des vaccinations voit plutôt un déficit de communication des pouvoirs publics qui ne renforcent pas le travail des médecins alors que dans le même temps, la perception des maladies graves a diminué. En l’absence de relais de communication, les médecins se sentent un peu seuls dès lors qu’il y a opposition des patients.

(publié le 16 juillet 2015)