Vaccination : entre recommandation et obligation

D. Floret, F. Bourdillon Actualité et dossier en santé publique, 2013, n°83, pp.54-56 . Bibliographie
La diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont devenus des maladies rares depuis la vaccination (qui est obligatoire en France jusqu’à l’âge de 13 ans). _ Le discrédit est grand vis-à vis des vaccins recommmandés perçus par les individus comme moins importants que les vaccins obligatoires, ce qui n’est pourtant pas le cas si l’on considère l’hépatite B (responsable de 1 300 décès annuels par cirrhose ou cancer du foie) ou les infections à papillomavirus humains (responsables de 1 000 décès par an par cancer du col de l’utérus).
La confusion est grande car il est impossible de trouver un vaccin contenant seulement les trois valences obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite. Le recours incontournable à des vaccins combinés, contraint à administrer aux enfants, à la fois les vaccins obligatoires mais aussi des vaccins recommandés.
Qu’en serait-il si les obligations vaccinales étaient levées ? Selon une enquête réalisée par l’institut de veille sanitaire et l’Inpes, 21,3% des individus (en population générale) s’interrogeraient sur le bien-fondé d’administrer les mêmes vaccins à tout le monde, 83,3% des généralistes et 90,3% des pédiatres insisteraient auprès des familles pour perpétrer ces vaccinations. Il semblerait que les pays dépourvus d’obligations vaccinales obtiennent des couvertures vaccinales comparables aux nôtres.
Dans l’hypothèse où le maintien d’obligations vaccinales serait maintenu, l’établissement de la liste des vaccins devrait relever d’une expertise impliquant une révision en fonction de l’évolution de l’épidémiologie. Il faudrait aussi faire en sorte que les vaccins recommandés ne soient plus facultatifs.
Faudra-t-il faire signer une attestation de refus éclairé en cas du refus d’un vaccin recommandé par les autorités de santé ? Quelle responsabilité pour un médecin qui omettrait de proposer voire déconseillerait un vaccin pourtant inscrit au calendrier vaccinal ?
Le problème n’est pas simple et le maintien ou non de cette obligation en population générale relève d’un choix sociétal qui mérite un débat.
(publié le 30 septembre 2013)