Vacciner les patients sous immunosuppresseurs ou biothérapies ?

A. Frazier-Mironer La Revue du Praticien, 2015, vol.65, n°2, pp. 156-158. Bibliographie

Les patients immunodéprimés sont les patients atteints d’une maladie auto-immune et traités par corticothérapie et/ou immunosuppresseurs et/ou biothérapie.
La corticothérapie est immunosuppressive à une posologie supérieure ou égale à 10 mg d’équivalent prednisone par jour depuis plus de deux semaines, et les bolus intraveineux (quelle que soit la posologie) pendant les 3 mois suivants.
Le méthotrexate est considéré immunosuppresseur si le nombre de lymphocytes T CD4 est inférieur à 250/mm3 sous traitement.

Les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués chez les patients immunodéprimés traités.
Il faut donc vacciner en prévision et respecter les délais avant la mise en route du traitement, ou si la vaccination n’a pas été effectuée avant, la réaliser après suspension du traitement pour une durée variable selon les médicaments.
Il en est ainsi de la fièvre jaune, du BCG, de la vaccination rougeole-oreillons-rubéole.

Les vaccins inactivés sont administrables sous traitement au risque d’une réponse vaccinale moins bonne.
Sont concernés les vaccins diphtérie-tétanos-polio et coqueluche, le méningocoque C conjugué, le papillomavirus, le pneumocoque selon le schéma suivant (Prevenar 13®, suivie 2 mois plus tard de Pneumo 23® avec un rappel à 5 ans par Pneumo 23®), la grippe.
Le sérodépistage des hépatites A et B fait partie du bilan prétraitement.
Seront vaccinés contre l’hépatite A, uniquement les patients à risque et contre l’hépatite B, les patients avant la mise en route d’un traitement anti TNF alpha.
Le vaccin Hæmophilus influenzæ B n’est pas indiqué pour ces patients.

(publié le 11 mai 2015)