Adjuvants vaccinaux : nécessaires

F. Vié le Sage La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2017, vol.31, n°982, pp. 411-412

Si les adjuvants sont inutiles pour les vaccins vivants atténués, les adjuvants notamment les sels d’aluminium sont efficaces pour les vaccins inactivés et leur tolérance est considérée comme excellente.
L’hydroxyde d’aluminium est le plus utilisé dans les vaccins du calendrier vaccinal français actuel. Le problème de sa tolérance a été soulevé, mais l’aluminium n’est neurotoxique qu’à doses élevées. Pour les vaccins injectés aux nourrissons, le risque est très inférieur à la dose de sécurité minimale actuellement définie pour l’alimentation des nourrissons. De même son rôle n’a jamais été confirmé dans la pathogénie de la maladie d’Alzheimer. La myofasciite à macrophages serait-elle un mythe français ?
Le squalène (précurseur de la vitamine D) a été utilisé dans les vaccins grippaux pandémiques et pour les vaccins destinés au sujet âgé pour plus d’efficacité. Introduit dans l’adjuvant ASO3, il a montré un risque de narcolepsie multiplié par 13 (en lien avec un terrain génétique particulier et une prédisposition dans les populations scandinaves en particulier finlandaise).

En ce qui concerne le risque immun, s’il est théoriquement plausible, rien ne le prouve vis-à-vis de la sclérose en plaques et du vaccin contre l’hépatite B . Pour le papillomavirus, il n’est pas noté d’augmentation de maladie auto-immune mais un sur-risque de syndrome de Guillain-Barré, maintenant contredit par une récente étude anglaise.

En conclusion, les sels d’aluminium sont les adjuvants ayant le meilleur profil à l’heure actuelle. Pour les vaccins contre la grippe, la recherche de nouveaux adjuvants s’avère nécessaire.

(publié le 26 juillet 2017)