Grippe : se faire vacciner ou non ?

Wim Van Hooste Prévent Focus, septembre 2019, pp.11-16
Considérée comme bénigne, la grippe n’est pas une maladie si anodine notamment chez les personnes âgées et celles souffrant d’une maladie chronique.
L’infection se propage par voie aérienne mais aussi dans une moindre mesure par contact direct avec des sécrétions sur des surfaces et objets contaminés (mouchoirs). Il suffit de quelques particules de virus pour être contaminé, mais au plus fort de la maladie, les concentrations de virus dans les écoulements nasaux peuvent représenter de 10 000 à 10 millions de particules infectieuses par millilitre. Les adultes peuvent transmettre la maladie 1 jour avant d’avoir des symptômes et jusqu’à 7 jours après, mais il existe aussi des silent spreaders qui contaminés mais non malades, sont contagieux pour les autres.
La grippe étant une infection virale ne justifie pas le recours aux antibiotiques. Les antiviraux pris dans les 48 h après apparition des premiers symptômes ne sont indiqués que chez les patients à haut risque afin de prévenir les complications.
La vaccination reste la pierre angulaire de la prévention.
Elle peut être considérée comme solidaire et altruiste car la protection collective apparaît quand un nombre suffisant de personnes sont vaccinées (immunité de groupe).
Il existe quatre groupes présentant potentiellement un risque professionnel accru : les personnes en contact avec les enfants, les personnes en contact prolongé avec d’autres personnes à moins d’un mètre, les travailleurs aux contacts multiples et brefs, les personnes travaillant dans un endroit clos, mal ventilé et fort fréquenté.
Les différentes études menées dans le monde concluent que la vaccination a un bon rapport coût-efficacité, voire permet de réaliser des économies (incidence moindre ou durée réduite de l’absentéisme).
En dépit des nombreuses recommandations, le taux de couverture de la vaccination contre la grippe reste faible parmi les travailleurs de la santé. Si les preuves recueillies dans des études observationnelles suggèrent que la vaccination obligatoire augmente le taux de vaccination, les preuves amenées par les études cliniques font encore défaut.
S’il existe des arguments pour imposer une forme d’obligation de vaccination, principalement pour la prise en charge des personnes les plus à risque, il est difficile de la rendre obligatoire en raison des obligations éthiques et légales et des principes d’autonomie et de liberté individuelle.
(publié le 15 novembre 2019)