Myofasciite à macrophages et syndrome des adjuvants : état des connaissances

R-K Gherardi, G. Crépeaux, F-J. Authier Encyclopédie Médico-Chirurgicale, (EMC), Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2020, vol.39, n°1, 16-002-A-11, 16pp. Références
Ce travail " discute l’implication possible des adjuvants aluminiques à l’origine de cas d’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC)". Il s’appuie sur "une vaste cohorte de patients chez lesquels une très longue persistance de l’adjuvant hydroxyde d’aluminium a été détectée dans les cellules immunitaires au site de vaccinations antérieures, formant une lésion musculaire spécifique appelée myofasciite à macrophages (MFM)".
La grande majorité des humains élimine l’adjuvant du muscle injecté en quelques mois mais chez une petite proportion, on retrouve une MFM jusqu’à plus de 15 ans après la vaccination. Il existe semble-t’il des facteurs de susceptibilité génétique. A l’avenir, des tests pourraient prédire le risque accru de rétention et d’intolérance à l’hydroxyde d’aluminium permettant le développement d’une vaccinologie personnalisée.
L’EM/SFC est une affection systémique qui s’étend sur des années avec des rechutes et des rémissions.
Le délai moyen d’apparition des symptômes varie de 0 à 72 mois et "le début des myalgies survient généralement après un exercice d’intensité inhabituelle, souvent au niveau des membres inférieurs avec une extension progressive vers le haut du corps".
Les études expérimentales suggèrent que les particules d’aluminium ne restent pas localisées dans le tissu injecté mais peuvent diffuser à distance au sein de cellules immunitaires pour migrer ensuite dans les ganglions lymphatiques, le foie, la rate et plus tardivement le cerveau.
Contrairement à l’aluminium oral (éliminé à 99,7% dans les selles), 100% de la dose d’adjuvant injectée traversent la barrière naturelle et atteignent le milieu intérieur.
Des pistes de recherche se dessinent concernant la mémoire des cellules de l’immunité innée qui "entraînée" "pourrait avoir des effets délétères dans les processus neurodégénératifs et les maladies auto-immunes et inflammatoires" ; tandis que "l’immunosuppression et l’aluminium lui-même seraient susceptibles de favoriser la dysrégulation du microbiote ou le de développement à bas bruit de germes opportunistes".
(publié le 16 septembre 2020)