"Un vacin seul ne permettra pas un retour rapide à la normale"

M-P. Kieny interviewée par H. Joubert Le Généraliste, 2020, n °2919, pp. 16-17
Selon le docteur Marie-Paule Kieny, présidente du comité scientifique Vaccins Covid- 19 français, il ne faut pas tout miser sur la solution vaccinale pour sortir de la crise sanitaire de la Covid-19.
Plus de 200 candidats vaccins sont en développement dans le monde (de types différents : vaccins vivants, vaccins recombinants viraux, vaccins génétiques..)
Huit candidats sont déjà en phase 3 avec des chiffres d’efficacité qui seront connus cet automne. Mais "le vaccin ne sera qu’un élément supplémentaire important dans la lutte contre le coronavirus". Il faudra garder encore des mois, voire des années, les mesures de distanciation physique et le masque dans les endroits clos.
Le vaccin ne sera pas protecteur à 100% et certains d’entre eux seront peut-être plus appropriés pour certaines populations. L’OMS fixe à 50% le taux d’efficacité minimal qui sera requis. Des rappels seront nécessaires avec des vaccins de même nature ou potentiellement différents.
Les cas de réinfection rapportés ne remettent pas en cause l’efficacité de la vaccination car la présentation des antigènes viraux de la protéine Spike (que le virus utilise pour se lier et fusionner avec les cellules humaines) est différente entre les vaccins et l’infection naturelle.
L’OMS prévoit une vaccination en trois vagues : priorité aux professionnels de santé et du médico-social de première ligne, (3% de la population) puis les personnes à risque de formes graves (âgées de plus de 65 ans ou présentant une comorbidité), 20% de la population et enfin le reste de la population.
Mais seuls 59% des Français seraient prêts à se faire vacciner.
(publié le 16 septembre 2020)