La chicha : engouement et nocivité

G. Peiffer, M. Underner, J. Perriot La Revue du Praticien, 2020, vol. 70, n°10, pp. 1125-1127. Références

La chicha ou "pipe à eau" permet d’inhaler une fumée obtenue en brûlant du tabac sur des braises de charbon, puis refroidie à travers un réservoir d’eau.
Son engouement est important chez les jeunes et les catégories socioprofessionnelles favorisées : parfum d’exotisme, convivialité et mythe d’une non nocivité par filtration dans l’eau.
Tout cela n’est qu’illusion. Une session de chicha (d’une durée moyenne de 45 à 60 minutes) permet d’inhaler 40 à 100 l de fumée. Or les substances inhalées sont les mêmes que celles de la cigarette, mais avec des taux de nicotine, de goudron et de monoxyde de carbone plus élevés, induisant parfois céphalées, nausées et perte de connaissance. Pour ces raisons, il est interdit de fumer la chicha dans les lieux fermés accueillant du public.
Les risques sont aussi :

  • infectieux : par l’intermédiaire de l’embout de la chicha,
  • cardiovasculaires (à l’identique de ceux produits par la cigarette : augmentation de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque après 30 minutes d’utilisation et risque d’accident vasculaire cérébral chez les fumeurs réguliers),
  • pulmonaires : trouble obstructif touchant les voies aériennes distales, inflammation de la sphère ORL,
  • carcinologiques : développement de cancers (poumon, cavité buccale, vessie, estomac),
  • addictifs : contenant de la nicotine, la chicha induit une dépendance et constitue une porte d’entrée vers le tabagisme.

Les campagnes d’information et de sensibilisation doivent être intensifiées. Une prise en charge comportementale associée aux mêmes pharmacothérapies du sevrage tabagique doit être proposée aux fumeurs de chicha.

(publié le 10 février 2021)