Diodes électromuninescentes : risques pour les travailleurs exposés à la lumière bleue

A. Barlier-Salsi, M-A. Gautier, D. Brissinger, J-M. Deniel Références en Santé au Travail, 2020, n°163, pp 17-26. Bibliographie

Toutes les sources d’éclairage, naturelles ou artificielles [à incandescence, fluorescentes, à décharge, diodes électroluminescentes (LED)] émettent de la lumière bleue et la question est de savoir si les éclairage à LED présentent plus de risque pour la santé des travailleurs que les autres moyens d’éclairage.
La lumière bleue présente un risque de lésion rétinienne qui est fonction de la luminance énergétique de la source et de la durée d’exposition.
Utilisées pour l’éclairage en milieu professionnel en conditions normales, les LED ne présentent pas de risques lésionnels pour les travailleurs. A température de couleur égale et éclairement identique, les sources d’éclairage à LED n’émettent pas plus (voire moins) de lumière bleue que les autres sources d’éclairage artificiel.
Les ampoules à LED opales et les lampes fluorescentes compactes ne présentent aucun risque photo-biologique dû à la lumière bleue.

La norme NF EN 62471 définit 4 groupes de risque (GR) allant du risque nul (GR0) à GR3 ( risque élevé) mais aucun dispositif disponible sur le marché n’existe pour le GR3. Pour le GR2 (risque modéré), une distance de sécurité est déterminée. Des mesures de prévention doivent être mises en place dans l’industrie de la fabrication des LED.

La luminance énergétique efficace d’un ciel bleu vu au travers des baies vitrées, est 50 fois plus élevée que celle relevée sur l’écran d’ordinateur, mais en revanche le travail sur écran peut engendrer des troubles visuels qui ne sont pas spécifiquement liées à la quantité de lumière bleue émise par ces écrans.

L’influence de la lumière (et particulièrement de la lumière bleue) est évidente sur le sommeil, la vigilance et la régulation du rythme circadien ; ces phénomènes sont à l’origine de dysfonctionnements des fonctions physiologiques et d’impacts sur la santé même lors d’expositions de courte durée. Les sujets lisant un livre électronique le soir (donc exposés à la lumière bleue) mettent plus de temps à s’endormir et rapportent moins de somnolence nocturne. Ils ont un retard de phase de leur horloge circadienne et sont moins alertes au réveil.
Ces effets physiologiques de la lumière bleue conduisent à des recommandations pour les travailleurs de nuit : prévoir une exposition à la lumière en début de nuit pour favoriser la vigilance et une luminosité réduite en seconde partie de nuit pour favoriser l’endormissement après le poste.
La lumière bleue est aussi utilisée dans le traitement de certains troubles du sommeil, tels que les syndromes de retard et d’avance de phase ou pour la prévention des troubles du sommeil liés au décalage horaire.
Pour rassurer les plus inquiets, rappelons que l’éclairage naturel émet 2 à 5 fois plus de rayonnement bleu qu’une LED.

(publié le 12 novembre 2020)