Accidents thromboemboliques et voyages aériens

F. Lapostolle, C. Lapandry, F. Adnet La Presse Médicale, 2012, vol.41, n°3, cahier 1, pp.234-238. Bibliographie.

Dès 1954, l’attention se porte sur la relation accidents thromboemboliques/déplacements en avion, et en 1977 apparaît la notion de "syndrome de la classe économique".
Les arguments psychopathologiques en faveur d’une relation entre les accidents thromboemboliques et les voyages en avion se trouvent dans les éléments de la triade de Virshow qui établit que la thrombose veineuse profonde se développe en rapport avec des lésion endothéliales (induites par la compression prolongée des cuisses sur le bord d’un siège), une stase veineuse (liée à la position assise prolongée) et des modifications sanguines (hémoconcentration et augmentation de la viscosité aggravées par le manque d’hydratation et l’effet diurétique de l’alcool généralement consommé lors des vols long courrier).
Différentes études ont montré que l’incidence d’embolie pulmonaire était de 0,39 cas par million de passagers et que le risque était majoré pour les vols de plus de 5 000 km.
Si les femmes sont particulièrement concernées par le risque d’accident thromboembolique (variant de 70 à 90% selon les études), à ce jour, aucun facteur de risque spécifique de survenue n’a été identifié.
En conséquence, il convient de considérer que sont à risque tous les passagers qui effectuent un vol de plus de 5 000 km et tous ceux qui effectuent un vol de plus courte distance mais qui sont porteurs de facteurs de risque personnels innés ou acquis.
N’oublions pas que plus de 2 milliards de personnes ont voyagé en avion dans le monde en 2006.
La prophylaxie repose sur trois types de mesures :

  • des mesures comportementales qui seront conseillées sans restriction : hydratation, abstention de sédatifs, d’alcool et de tabac, port de vêtements confortables ne gênant pas la circulation sanguine, mouvements réguliers des membres inférieurs et déambulation régulière dans l’avion,
  • des mesures physiques : port de chaussettes de contention (la seule méthode dont l’intérêt soit réellement établi),
  • et des mesures pharmacologiques (si l’aspirine n’a pas d’indication dans cette situation précise, le recours aux héparines de bas poids moléculaire ne peut être discuté qu’au cas par cas).
(publié le 7 juin 2012)