Alerte à la fièvre Zika !

P. Bourée, P. Zambon La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2014, vol.28, n°915, pp.106-107. Références
Une épidémie de fièvre Zika sévit depuis plusieurs mois en Polynésie française. L’épidémie a progressé rapidement entre octobre et décembre 2013 pour atteindre plus de 900 cas par semaine avant de commencer à régresser, mais 70 000 cas ont été notifiés en janvier 2014.
La maladie est asymptomatique dans 80% des cas.
Dans 20% des cas, elle se manifeste environ une semaine après la piqûre d’un moustique du genre Aedes, par une fièvre éruptive accompagnée de céphalées, de douleurs rétro-orbitaires, d’arthralgies des mains et des chevilles, de conjonctivite, de troubles digestifs et neurologiques évoquant d’autres affections telles que dengue, chikungunya, rubéole, réactions allergiques ..
L’évolution est le plus souvent bénigne mais des complications ont été signalées à type de syndromes de Guillain-Barré, d’encéphalites, de purpuras thrombopéniques, de paresthésies, de paralysies faciales ou autres.
Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence du virus dans le sang ou la salive par RT-PCR ou culture cellulaire durant la phase de virémie (1ère semaine de l’infection). Plus tard, la recherche d’IgM par technique Elisa est possible.
Le traitement est symptomatique (paracétamol).
La prévention repose sur la lutte antivectorielle (assèchement des points d’eau et aspersion d’insecticides). A titre individuel, il faut se protéger des moustiques (vêtements amples et couvrants, répulsifs, moustiquaires).
Le flavivirus en cause a été identifié pour la première fois en Ouganda en 1947, dans la forêt Zika au bord du lac Victoria chez un singe probablement importé d’Asie. Le premier cas est décrit chez l’homme en 1964, puis d’autres cas sont signalés en 1968 et 1971 au Nigeria. Des sérologies ont été rapportées positives dans de nombreux pays africains et asiatiques.
(publié le 27 mars 2014)