Allergies respiratoires

Anca Mirela Chiriac, Pascal Demoly La Presse médicale, 2013, vol.42, n°4, pp.395-404. Bibliographie
Les allergies respiratoires font partie des maladies les plus répandues au monde, au 4e rang des préoccupations de l’OMS en ce qui concerne les maladies chroniques. Elles s’expriment cliniquement par de la rhinite (ou rhinoconjonctivite) et de l’asthme.
Elles "sont des expressions cliniques d’une réponse immunologique inappropriée, exagérée, spécifique, orientée vis-à-vis d’allergènes majeurs ou mineurs capables d’induire la synthèse d’IgE spécifiques".
Ces pneumallergènes sont aéroportés et peuvent être des acariens, des pollens, des protéines animales, des spores fongiques, des insectes ou des allergènes professionnels.
"Faire le diagnostic d’une allergie respiratoire, c’est poser un diagnostic d’atteinte d’organe cible (conjonctivite, rhinite, asthme), un diagnostic de sensibilisation (témoignant de la présence des IgE spécifiques vis-à-vis d’un ou plusieurs pneumallergènes) et faire un lien entre l’exposition à ces allergènes et la symptomatologie (c’est à dire évaluer le poids clinique de cette ou ces sensibilisations)".
Le traitement repose sur l’éviction de l’allergène (si cela est possible), le traitement symptomatique (local ou général par antihistaminiques voire corticoïdes pour rhinite et conjonctivite, bêta-2 mimétiques, et anti-inflammatoires, éventuellement anticorps anti-IgE pour l’asthme) et l’immunothérapie allergénique (ITA) ; ces médicaments étant mis en place par paliers, selon la sévérité des symptômes.
L’ITA est efficace dans la rhinoconjonctivite et l’asthme polliniques mais controversée pour certaines moisissures. Elle est justifiée chez les patients insuffisamment contrôlés par les traitements symptomatiques.
Son efficacité est démontrée dans l’asthme pour les acariens et surtout les pollens. Bien que l’immunothérapie sous-cutanée soit toujours considérée comme le traitement immunothérapique de référence, l’immunothérapie sublinguale est devenue une alternative sérieuse du fait du risque moindre d’effets secondaires et de sa pratique moins contraignante.
Les patients atteints d’asthme sévère bénéficieront de l’omalizumab (anticorps monoclonal humanisé) en plus des traitements conventionnels, qui permet d’améliorer la qualité de vie de ces patients.
(publié le 23 juillet 2013)