Ankylostomose

P. Bourée, D. Dumazedier La Revue du Praticien, Médecine générale, 2013, vol. 27, n° 906, pp. 604-605. Bibliographie.
L’ankylostomose mérite d’être diagnostiquée car c’est l’une des principales causes d’anémie en pays tropical.
Cette affection est transmise par la pénétration transcutanée en marchant sur un terrain boueux ou par ingestion de terre, d’une larve d’Ankylostoma duodenale ou de Necator americanus.
Apparaît un érythème maculopapuleux prurigineux qui disparaît en 24 h (la "gourme des mineurs"). La traversée du poumon n’occasionne aucun trouble. Le passage au niveau du carrefour aérodigestif provoque toux, dysphagie et dysphonie regroupées en "catarrhe des gourmes".
En 24 h, les vers arrivés dans le duodénum apposent leur capsule buccale sur la surface d’une villosité. S’ensuivent épigastralgies postprandiales, diarrhées qui disparaissent en quelques semaines alors que s’installe l’anémie (les vers en se fixant sur la villosité duodénale provoquent une hémorragie par rupture des capillaires sur 15 à 25 villosités et changent de place toutes les 4 à 6 heures).
L’anémie est souvent aggravée par le polyparasitisme (paludisme, bilharziose, amibiase), une hémoglobinopathie, un déficit en G6-PD , les carences alimentaires et protéiniques.
Une hyperéosinophilie est possible pendant la phase de migration. Le diagnostic se fait sur l’examen des selles (présence d’œufs). Au stade d’infestation moyenne (2 000 à 10 000 œufs/g), l’hémogramme montre une anémie hypochrome, hyposidérémique et régénérative sans signe d’hémolyse.
Le traitement est court par un antihelmenthique (le flubendazole pendant trois jours ou l’albendazole en prise unique).
La prévention consiste à éviter de marcher pieds nus dans un terrain boueux et à utiliser des latrines (pour éviter la dissémination des œufs).
(publié le 31 octobre 2013)