Baromatraumatismes sinusiens

P. Verdalle, J-B. Morvan Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, Oto-rhino-laryngologie, 2013, vol 8, n°1, 20-466-A-10, 8 pages. Bibliographie
Le barotraumatisme sinusien (BTS) résulte d’un défaut d’équipression entre les fosses nasales et les sinus de la face, lors de variations rapides de la pression ambiante. Il survient au décours de plongées sous-marines ou d’activités aéronautiques.
Il se manifeste par une céphalée d’intensité variable localisée en regard du sinus concerné. Le BTS localisé au sinus frontal est beaucoup plus fréquent que l’atteinte du sinus maxillaire.
Les BTS accidents sont les plus fréquents. Il surviennent chez un plongeur ou un aviateur le plus souvent au décours d’une rhinite aiguë et le traitement est essentiellement symptomatique (antalgiques de palier 1 ou 2).
Les BTS récidivants nécessitent un bilan naso-sinusien approfondi (endoscopie nasale, imagerie, rhinomanométrie) afin de retrouver l’étiologie. Un traitement médical bien conduit permet dans 50% des cas une reprise de l’activité mais en cas d’échec, un traitement chirurgical peut être proposé.
La prévention repose sur l’information des patients effectuant des activités à risques en cas d’infections des voies aériennes supérieures
Les décongestionnants par voie nasale sont très utilisés en automédication par les plongeurs et les personnels navigants. Il est raisonnable de déconseiller cette pratique chez les patients qui présentent des BTS récidivants. Les passagers des vols commerciaux peuvent utiliser un vasoconstricteur per os avant le vol et un vasoconstricteur par voie nasale juste avant la descente.
Les BTS accidents autorisent la reprise de l’activité déclenchante dans un délai variable en fonction de l’intensité des symptômes (entre 7 jours et un mois). Pour les BTS récidivants, la reprise de l’activité est envisagée une fois l’étiologie traitée et après vérification par un scanner.
Pour la plongée sous-marine de loisir, toute pathologie sinusienne compromettant de façon définitive l’équilibre des pressions dans les sinus de la face constitue une contre-indication absolue.
Pour la plongée professionnelle : s’appliquent les mêmes normes, mais s’y ajoutent les sinusites chroniques.
La plongée sous-marine exercée à titre professionnel nécessite un test réalisé en caisson hyperbare avant de se prononcer sur l’aptitude.
Les professionnels civils de la conduite d’aéronefs sont déclarés inaptes en cas d’une limitation notable de la perméabilité aérienne des voies nasales ou de dysfonctionnement des sinus.
Des normes militaires s’appliquent pour le personnel navigant de l’aéronautique.
(publié le 4 avril 2013)