Bilharzioses

M. Develoux Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Maladies infectieuses, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.12, n°3, 8-513-A-10, 12 p. Bibliographie.
Les bilharzioses sont des pathologies tropicales dues à des vers plats trématodes, hématophages dont plusieurs espèces peuvent parasiter l’homme et qui vivent à l’âge adulte dans les vaisseaux de leur hôte. Elles font partie des maladies négligées définies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
En France, la grande majorité des sujets infectés a été contaminée en Afrique subsaharienne ; mais les schistosomoses sont présentes dans près de 70 pays.
Les pathologies de la bilharziose sont dues aux œufs non éliminés dans les excréta qui restent emprisonnés dans les tissus. Ils sont à l’origine de granulomes qui s’entourent d’une réaction fibreuse à l’origine de complications dont certaines sont sévères.
La pénétration transcutanée des furocercaires se fait à la faveur d’un bain en eau douce (qui peut ne pas dépasser quelques minutes) et est à l’origine d’un rash durant plusieurs heures. Deux à six semaines après la contamination, peuvent apparaître des manifestations non spécifiques (fièvre, céphalées..), mais aussi des manifestations neurologiques, pneumologiques ou cardiaques.
A la phase d’état et selon l’agent étiologique, peuvent survenir des complications sévères dont une uropathie obstructive pour la bilharziose urogénitale ou une fibrose hépatique périportale.
Des localisations ectopiques existent : neurologiques, cardiopulmonaires, génitales, cutanées ou mammaires.
Des co-infections avec les virus des hépatites B et C, du VIH ont un rôle aggravant. L’association schistosomose et cancer de la vessie est connue depuis longtemps, celle avec le cancer colo-rectal est encore controversée.
Le praziquantel utilisé depuis 1970 est le seul antiparasitaire utilisable et bénéficie d’un rapport coût/efficacité excellent, bien que la résistance de certaines souches ait été soulevée. Dans les zones endémiques, des traitements communautaires réguliers sont mis en œuvre, mais ils doivent être complétés par des mesures d’hygiène et d’assainissement et plusieurs vaccins sont en cours de développement.
(publié le 31 décembre 2015)