Chikungunya

G. Gentile, J-M. Franco, S. Leruste, E. Javelle, F. Simon La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2015, vol.29, n°951, pp. 813-818. Bibliographie

Le chikungunya est une arbovirose transmise par un moustique. Sa diffusion va croissant ; ce qui en fait un problème sanitaire des départements français d’Amérique et du Pacifique et de la France métropolitaine (en raison des cas importants et de la menace d’une transmission autochtone).
La maladie se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire d’Aedes albopictus et Aedes aegypti, également vecteurs potentiels de la dengue.
L’infection est symptomatique dans 80-90% des cas.

Après une incubation silencieuse de 4 à 7 jours, apparaissent fièvre élevée d’apparition brutale et arthralgies ou arthrites parfois de forte intensité, touchant principalement les extrémités, accompagnées de myalgies, céphalées, rachialgies, nausées, diarrhée, exanthème avec prurit, œdème, polyadénopathies.
Les formes atypiques rares concernent principalement les sujets vulnérables.
Les nouveau-nés sont infectés lorsqu’ils naissent dans les 5 jours qui suivent les premiers signes cliniques de la mère virémique. Les complications surviennent une fois sur quatre, à type d’encéphalopathie et de troubles hémorragiques, au pronostic sombre.
Au stade aigu, il faut "évaluer la gravité et faire hospitaliser si nécessaire, confirmer le diagnostic par PCR et /ou sérologie, déclarer la maladie (obligatoire), instaurer un traitement symptomatique médicamenteux et physique, limiter la dissémination du CHIK dans l’entourage du patient".
Le traitement est symptomatique : paracétamol , voire tramadol seul si inefficacité ou associé au paracétamol codéiné, lutte contre la déshydratation, glaçage et immobilisation relative des arthrites, éventuellement kinésithérapie.
Corticothérapie, AINS et salicylés seront proscrits.

Le stade post-aigu (de la 4e semaine au 3e mois) concerne plus de 50% des patients et se manifeste par la persistance des douleurs et des raideurs articulaires initiales ; la confirmation diagnostique s’appuie sur la sérologie.
Le traitement vise à lutter contre la douleur et l’inflammation : antalgiques de palier 1 ou 2, plus AINS, voire molécule de palier 3, mais aucune classe d’AINS n’a montré sa supériorité.
La corticothérapie est réservée aux formes polyarticulaires très inflammatoires. _ Un programme de rééducation spécifique peut être initié.

Le stade chronique est défini par l’absence de retour à la normale plus de 3 mois après le début de la maladie. Les patients souffrent essentiellement de troubles musculo-squelettiques (TMS) surtout s’ils n’ont pas bénéficié d’une mise au repos partielle et d’un traitement bien conduit pendant un temps suffisamment long.
La polyarthrite rhumatoïde est le rhumatisme inflammatoire chronique post-chik le plus fréquent. Quelques patients, surtout les femmes de plus de 50 ans développent une ou plusieurs synovites, volontiers aux mains et aux poignets.

La prévention repose sur la lutte antivectorielle (répulsifs et moustiquaires)
Plusieurs candidats vaccins sont en cours d’évaluation.

(publié le 2 février 2016)