Epidémiologie des hépatites B et C en France

J.C. Desenclos, C. Brouard, C. Meffre, D. Antona, C. Larsen Le Concours Médical, 2008, Tome 130, N°14, pages 726-729. Bibliographie

Une étude de séroprévalence VHB et VHC réalisée en France métropolitaine en 2004 sur un échantillon national d’assurés sociaux du régime général a montré que la prévalence de l’AgHBs (marqueur de l’infection chronique hépatite B) était de 0,65% (correspondant à 280 821 personnes). Cette prévalence est plus élevée chez les hommes que chez les femmes, chez les personnes originaires d’Asie et d’Afrique subsaharienne. Moins de la moitié des porteurs avaient connaissance de leur statut. Les anti-HBc (témoins d’un contact antérieur avec le VHB) étaient présents chez 7,30% des sujets.

Entre 2004 et 2006, 469 cas d’hépatite B ont été notifiés. « Les situations à risque sont les relations sexuelles (35,5%), les voyages en pays d’endémie (22,6%), l’exposition familiale (8,3%), la vie en institution (5,3%) et l’usage de drogues (2,2%). La moitié des cas avaient potentiellement une indication vaccinale et auraient pu être évités ». En prenant en compte les hépatites B qui passent inaperçues, on peut estimer que 2 500 à 3 000 nouvelles infections à VHB surviennent annuellement. En raison d’une controverse en France sur le lien entre la vaccination et la sclérose en plaques, (pour lequel il n’existe pas, après plus de 10 ans d’études, d’arguments scientifiques avérés), la couverture vaccinale chez les adolescents de 15 ans est tombée à moins de 15%. Les décès imputables au virus ont été de 1 327 en 2001 en France, liés le plus souvent à une cirrhose ou un carcinome hépato-cellulaire sur cirrhose. Les professionnels de santé doivent s’impliquer fortement et proposer largement la vaccination aux personnes à risque.

En ce qui concerne l’hépatite C, la prévalence est de 0,84%. Elle est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, plus élevée dans le nord-ouest de la France, qu’en Île-de-France, plus au Moyen-Orient qu’en Afrique subsaharienne. « Les facteurs de risque sont l’âge supérieur à 29 ans, l’origine d’une zone d’endémicité moyenne ou élevée, la précarité sociale, l’usage de drogues par voie veineuse ou nasale, un antécédent de transfusion avant 1992 et un tatouage ».

Plus de la moitié des sujets anti-VHC positifs, connaissent leur statut. Les usagers de drogue semblent plus connaître leur statut vis-à-vis du VIH que du VHC. La co-infection VIH et VHB atteint environ 7%, la co-infection VIH et VHC atteint 24,3%. Cette proportion est respectivement de 7,5% et de 92,8% chez les usagers de drogues. On estime à 2 700 à 4 000 le nombre de nouvelles infections VHC qui surviennent par an du fait de l’injection des drogues. 2 646 décès imputables au virus ont été notifiés en 2001. Les spécialistes prédisent que « la mortalité imputable au VHC augmentera jusqu’en 2010 avec 1 100 décès par carcinome hépato-cellulaire et 2 000 par insuffisance hépatique, puis diminuera ensuite ».

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(publié le 6 janvier 2009)