L’hépatite E : synthèse de l’épidémiologie humaine

BEH, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2010, N° hors -série, 14 septembre, pp.18-19. Bibliographie.
L’hépatite E est une maladie virale, endémique dans les pays ayant un niveau insuffisant d’hygiène collective mais responsable de cas autochtones dans les pays industrialisés.
Le virus de l’hépatite E se transmet par voie hydrique et par voie alimentaire : consommation de coquillages, de viande contaminée crue ou insuffisamment cuite, en particulier les viandes de sanglier, de cerf, de foie de porc et les saucisses de foie de porc (figatelli). La transmission de personne à personne est rare et celle par transfusion sanguine est exceptionnelle.
La durée d’incubation est en moyenne de 40 jours (entre trois et huit semaines). Près de la moitié des cas sont asymptomatiques ou pauci-symptomatiques. Le tableau clinique est celui d’une hépatite A mais dans 1 à 3% des cas, la maladie se complique d’une forme fulminante notamment chez les sujets porteurs d’une hépatopathie sous-jacente et les femmes enceintes dans les zones d’endémie. Chez les patients immuno-déprimés, des complications de type hépatite chronique et cirrhose ont été observées.
Une surveillance réalisée par le Centre national de référence (CNR) des hépatites à transmission entérique montre une augmentation des cas autochtones de 63% en 2006 et de 60% en 2008, avec une majorité de cas dans le Sud (région Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur). Entre 2008 et 2009, le CNR a documenté neuf cas isolés autochtones pour lesquels a été rapportée la consommation de figatelli.
Il est encore difficile actuellement de cibler les mesures de prévention. Néanmoins, un avis émis en avril 2009 par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) insiste sur la nécessité d’informer le consommateur sur le risque lié à la consommation de figatelli crus et de mentionner sur l’étiquette "cuire à cœur".
(publié le 9 novembre 2010)