L’infection à VIH-sida en France

Coordination scientifique du numéro : J. Pillonel et pour le comité de rédaction : R. Haus-Cheymol Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 208, n°45-46, p.433-460. Bibliographie

Ce numéro thématique « offre un éventail particulièrement riche des problématiques actuelles de l’infection par le VIH en France ».

La situation au 31 décembre 2007, appréciée à partir des systèmes de surveillance coordonnés par l’Institut de veille sanitaire (InVS) fait état d’une diminution globale du nombre de découvertes de séropositivité pour le VIH (période 2004-2007), en lien avec une diminution des découvertes chez les patients originaires d’Afrique subsaharienne, alors que, dans le même temps, le nombre de découvertes a augmenté chez les hommes contaminés par rapports homosexuels. Parallèlement, les infections sexuellement transmissibles sont en nette augmentation dans cette catégorie de patients. Il faut en conclure que les hommes ayant des relations homosexuelles continuent à avoir des comportements à risques et négligent les messages de prévention.

Les résultats de l’étude OncoVIH (étude transversale de recueil prospectif des cancers diagnostiqués chez des patients infectés par le VIH pendant l’année 2006) ont permis de recenser 694 cancers survenus chez 690 patients infectés par le VIH. Il est apparu que les cancers les plus fréquents étaient le lymphome non hodgkinien, le sarcome de Kaposi, le cancer pulmonaire, le cancer du canal anal, le lymphome de Hodgkin, le cancer cutané non mélanome et l’hépatocarcinome.

Au total 39% de tous les cancers diagnostiqués et déclarés en 2006 étaient des évènements classant sida, la proportion étant équivalente chez les hommes et les femmes. Hormis les cancers du poumon, les cancers les plus fréquents étaient viro-induits. L’âge médian au diagnostic de cancer était de 47 ans (très inférieur à celui de 66 ans observé dans la population générale). Les cancers ont concerné plus souvent des patients ayant un faible taux de CD4 et une charge virale plasmatique décelable. Il convient donc de mieux contrôler la réplication du VIH et de l’immunodépression qui lui est associée en plus de la prévention des autres risques tels que le tabagisme.

La mortalité des jeunes de 25-34 ans infectés par le VIH a baissé spectaculairement par rapport à la fin des années 1980, mais la mortalité augmente chez les 45-54 ans. Si la plupart des décès est liée à l’infection VIH, dans environ 30% cas, « l’infection est présente mais n’est pas la cause initiale de la mort. Le cancer, les maladies cardiovasculaires et les morts violentes étant impliquées ». Il faut probablement élargir le discours de prévention vers des facteurs de risques d’une population non infectée par le VIH.

La prévalence de l’infection à VIH est élevée parmi les patients ayant une infection sexuellement transmissible : IST(gonococcie, syphilis ou lymphogranulomatose rectale) et une proportion non négligeable de patients découvrent leur séropositivité au moment du diagnostic de l’IST. Il s’avère nécessaire de continuer à promouvoir la prévention primaire et secondaire dans ce domaine.

Afin d’apprécier l’acceptation d’un dépistage rapide du VIH, par une population tout-venant, un service d’urgences de la région parisienne a proposé à 687 patients qui ont consulté aux urgences et qui bénéficiaient d’un prélèvement veineux, de pratiquer un test de dépistage rapide avec rendu des résultats dans les deux heures. 53% de ces sujets prélevés n’avaient jamais réalisé de test de dépistage et 16% avaient au moins une conduite à risque vis à vis du VIH.

Trois tests sont revenus positifs et un douteux qui s’est révélé secondairement négatif. Pour l’un des trois patients positifs, qui consultait pour pneumonie à pneumocoque, il s’agissait d’une découverte de l’infection par le VIH. Sachant qu’un tiers des personnes infectées par le VIH vivant en France ignorent leur infection, l’utilisation de tests rapides mériterait d’être évaluée.

Depuis octobre 2008, la Haute autorité de santé (HAS) recommande les tests de dépistage rapide dans certaines situations d’urgence pour obtenir un diagnostic rapide pour une prise en charge adaptée

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(publié le 25 mars 2009)