La grande fréquence du déclin cognitif post-AVC

S. Moulin, D. Leys La Revue du Praticien, 2016, vol.66, n°4, pp.442-443
La prévalence de la démence post-AVC (accident vasculaire cérébral) un an après l’accident varie de 7,4% (études de populations incluant seulement des patients ayant eu un seul AVC) à 41,3% (études hospitalières incluant des patients ayant eu des AVC récidivants).
La prévalence de la démence préexistante à l’AVC est de 9,1% dans les études de population et atteint 14,4% dans les études menées en milieu hospitalier.
Les facteurs de risque de démence post-AVC sont des facteurs démographiques (sexe féminin, âge plus élevé, ethnies non caucasiennes), des facteurs de risque vasculaire (hypertension artérielle, diabète), des causes potentielles (fibrillation atriale), les caractéristiques de l’AVC (type hémorragique, présence d’une aphasie, localisation hémisphérique gauche, caractère récidivant de l’AVC), les complications de l’AVC (les conditions d’hypoxémie/ischémie, l’incontinence, la confusion, les crises épileptiques précoces) et les modifications structurelles préalables du cerveau, dont l’atrophie corticale.
Quand la démence est déjà présente avant la survenue de l’AVC, les facteurs de risque associés à la démence sont ceux associés à la démence vasculaire d’une part et ceux associés à la maladie d’Alzheimer d’autre part.
Les patients ayant une démence post-AVC ont une mortalité plus élevée.
Une démence diagnostiquée 3 mois après l’AVC est associée à un risque de récidive accru.
Les patients ayant une démence post-AVC sont moins fréquemment traités par aspirine ou warfarine que les patients non déments.
Les patients ayant un AVC avec un déclin cognitif préexistant ont un risque majoré de saignement (en raison d’une pathologie sous-jacente qui favorise le risque de saignement) auquel s’ajoute une moins bonne récupération fonctionnelle (en raison de la préexistence de lésions cérébrales).
En l’absence de contre-indication, les patients avec un déclin cognitif et ayant une ischémie cérébrale devraient bénéficier de la thrombolyse intraveineuse. Les traitements approuvés dans la maladie d’Alzheimer ont montré des effets limités mais ceux de l’anxiété et de la dépression pourraient être bénéfiques.
(publié le 3 octobre 2016)