La maladie de Lyme

C. Freydt, C. Perronne Le Généraliste, 2012, n°2705, pp.21-23 . Bibliographie

La maladie de Lyme due à Borrelia Burgdorferi, transmise par les piqûres de tiques est en forte hausse en Europe. Sa période d’activité s’étend de mai à octobre, avec un pic en juillet-août. Des cas sont décrits dans toute la France à l’exception du littoral méditerranéen.
La maladie évolue en trois phases :

  • un érythème migrant qui apparaît 2 à 30 jours après la piqûre et disparaît spontanément en quelques semaines. Il s’agit d’une lésion érythémateuse arrondie centrifuge qui se développe autour de la piqûre avec un éclaircissement central donnant un aspect d’auréole.
    - C’est à ce stade qu’il faut traiter sans attendre et sans faire de sérologie (souvent négative à ce stade).
  • La phase secondaire survient quelques semaines à quelques mois plus tard en l’absence de traitement à la phase primaire. Les symptômes sont nombreux, divers, intermittents et extrêmement variables d’un sujet à l’autre : manifestations cutanées, articulaires, neuro-méningées, cardiaques, lymphocytome cutané bénin, spécifique mais rare (nodules violacés sur le lobule de l’oreille, les régions péri-aréolaires des seins ou sur le scrotum).
    - A ce stade, le diagnostic repose sur la sérologie.
  • La phase tertiaire est aussi très polymorphe : atteintes neurologiques, articulaires, myosites. Est pathognomonique : l’acrodermite atrophiante, vieillissement prématuré de la peau le plus souvent limité aux membres inférieurs pouvant survenir jusqu’à 8 ans après l’infection.

Le diagnostic de maladie de Lyme est globalement difficile :

  • car les piqûres de tiques passent inaperçues dans 69% des cas, les nymphes étant particulièrement difficiles à détecter du fait de leur petite taille (inférieure à 2 mm) ;
  • l’érythème migrant n’est présent que dans 70 à 80% des cas et il peut être de petite taille et facilement confondu avec une plaque d’allergie ou d’eczéma ;
  • les sérologies sont négatives au stade primaire et la sensibilité des tests Elisa (recommandée officiellement) est médiocre et les tests sont basés sur une souche alors que d’autres pourraient être en cause ;
  • la maladie est très polymorphe et les symptômes peuvent évoquer n’importe quelle maladie.

Le traitement repose sur une antibiothérapie

  • non systématique en cas de piqûre de tique (sauf chez la femme enceinte),
  • mais indispensable en cas d’érythème migrant (amoxicilline ou doxycyline à dose suffisante pendant 2 voire 3 semaines),
  • mais durée d’administration plus longue aux stades secondaires ou tertiaires, en utilisant dans les formes sévères ceftriaxone ou pénicilline,
  • en cas de rechute, nouvelle cure en utilisant une classe d’antibiotiques différente.

La prévention est indispensable : vêtements couvrants pour les promenades en forêt avec pantalon rentré dans les chaussettes et chapeau, répulsifs sur la peau, inspection minutieuse de la peau au retour de la balade sans oublier le cuir chevelu et les plis, ablation rapide de la tique avec une tire-tique, surveillance de la zone piquée dans les semaines qui suivent à la recherche de l’érythème migrant.

(publié le 30 avril 2015)