Leishmanioses : l’essentiel

J-P. Gangneux, S. Belaz La Revue du Praticien, Médecine Générale, vol. 28, n°916, pp. 162-163. Bibliographie

Les phlébotomes, petits moucherons velus piquant à la tombée du jour et la nuit transmettent différentes espèces de leishmanioses sur tous les continents, entraînant deux millions de cas annuels dans le monde, dont plusieurs centaines dans le bassin méditerranéen.
Les leishmanioses sont un véritable problème de santé publique en Inde, Amérique du Nord, Amérique du Sud. En Europe, sont particulièrement touchées, l’Espagne, la France, l’Italie et le Portugal. Elles constituent des infections opportunistes chez les patients atteints du VIH.

Les leishmanioses cutanées de l’Ancien Monde sont appelées "boutons d’Orient". Après une incubation qui peut être longue (1 à 3 mois voire plus), apparaît une papule indurée indolore, peu prurigineuse, arrondie à contours réguliers et bien limités, évoluant en 1 ou 2 semaines vers une ulcération centrale indolore recouverte d’une croûte épaisse adhérente, laissant après guérison spontanée en quelques mois, une cicatrice déprimée dyschromique. A côté de cette forme sèche, existe une forme humide, d’évolution plus rapide et plus bruyante, accompagnée de lymphangite voire d’adénopathies.

Les leishmanioses du Nouveau Monde sont caractérisées par une diffusion locorégionale, des atteintes cutanées multiples, un caractère destructeur, une évolution chronique.

La leishmaniose cutanéo-muqueuse sévit en Amérique centrale et du Sud autour du bloc forestier amazonien. Une dissémination lymphatique ou sanguine peut survenir à l’origine de métastases muqueuses. Le pronostic est parfois sévère en lien avec les mutilations associées, notamment en cas de localisation faciale.

Les leishmanioses viscérales sont secondaires à la diffusion de l’infection, à la suite de la contamination par certaines espèces. Les signes cliniques sont asthénie, amaigrissement, hépatosplénomégalie, leuco-neutropénie, syndrome anémique ou thrombopénique, taches cutanées noirâtres (kala-azar : fièvre noire en sanscrit). Sans traitement, l’évolution se fait vers la cachexie et la mort.

Au retour d’un voyage en zone tropicale, subtropicale ou dans le bassin méditerranéen, un bouton "persistant" doit provoquer une consultation médicale. Idem pour une fatigue intense et une pâleur prolongée à la suite d’un voyage notamment en Inde, au Brésil, ou en Europe méditerranéenne.

La prise en charge se fait en France, à l’hôpital pour les leishmanioses viscérales et cutanéo-muqueuses, en consultation spécialisée pour les leishmanioses cutanées.

(publié le 6 mai 2014)