Mortalité prématurée par maladies cardiovasculaires

E. Diène, A. Fouquet, B. Geoffroy, S. Julliard Le Concours Médical, 2016, vol.138, n°2, pp.144-146. Bibliographie

Les maladies cardiovasculaires constituent la seconde cause de mortalité après le cancer et représentent la troisième cause de mortalité prématurée avant 65 ans (13%) derrière les cancers (41%) et les morts violentes (15%).
Une étude a été menée dans le cadre du programme de surveillance Cosmop dont l’objectif principal est de décrire de façon systématique la mortalité selon deux indicateurs socioprofessionnels, la catégorie sociale et le secteur d’activité.
806 513 hommes ont été inclus dans l’étude. La mortalité pour les maladies coronariennes ou cérébrovasculaires a été décrite sur différentes périodes entre 1976 et 2002. 3 720 décès ont été enregistrés par maladies coronariennes et 1 562 par maladies cérébrovasculaires.
Si les taux de mortalité ont diminué sur toutes les catégories sur les périodes de 1976-1982 et 1997-2002, cette diminution a été inégale (de 54% pour les cadres et professions intellectuelles supérieures versus 35% pour les ouvriers en ce qui concerne la mortalité coronarienne et 45% versus 38% pour la mortalité cérébrovasculaire).
Il y a bien un gradient croissant de la catégorie des cadres à celles de ouvriers pour ces deux types de décès. Cela témoigne des inégalités sociales de santé en fonction du niveau d’étude, du niveau de revenu ou de la catégorie sociale, qui induit des comportements défavorables à la santé cardiovasculaire (tabac, alcool, inactivité physique, apports nutritionnels inadaptés) et un recours aux soins de moins bonne qualité.
Cette étude met aussi en évidence les disparités selon le secteur d’activité.
Les maladies coronariennes sont les plus élevées

  • dans le secteur des industries extractives et de la construction (en lien avec bruit nocif),
  • dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration (en lien avec horaires atypiques et contraintes de temps),
  • dans le secteur de l’immobilier (horaires atypiques)

Les facteurs physiques semblent jouer un rôle dans la mortalité cardiovasculaire et s’il est important de surveiller ces indicateurs dans le temps, il conviendrait de tenir compte aussi d’autres facteurs de risque que sont les dyslipidémies, l’hypertension artérielle, la sédentarité ou la consommation de tabac ou d’alcool.

(publié le 25 avril 2016)