Paludisme : quoi de neuf ?

S. Houzé La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2013, vol.27, n°897, pp.196-197. Bibliographie
En 2011, 3,3 milliards de personnes étaient exposées au risque de paludisme dans 99 régions tropicales et intertropicales du globe considérées comme endémiques. En 2010, il a été recensé 216 millions de cas et 660 000 décès.
Depuis l’an 2000, le taux de mortalité a diminué de plus de 25% dans le monde mais l’Afrique reste le continent le plus touché. Le réchauffement climatique pourrait induire un risque de réapparition du paludisme dans des zones où il avait disparu (Grèce).
Sur les cinq espèces pouvant provoquer un accès palustre, les deux plus courantes sont P. falciparum le plus redouté car létal et P. vivax.
Le nombre de cas en France est estimé à 3 500 en 2012 (il s’agit d’une maladie d’importation).
En cas de symptômes évoquant la maladie, (fièvre, céphalées, frissons, vomissements), il faut rechercher par l’interrogatoire un séjour en zone d’endémie. Frottis mince et goutte épaisse sont indispensables pour identifier l’espèce en cause et évaluer la charge parasitaire.
En zone d’endémie, on peut utiliser les tests de diagnostic rapide (résultat en 15 minutes).
L’OMS recommande pour le traitement, les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) : administration simultanée d’au moins deux antipaludiques de modes d’action indépendants, dont un dérivé de l’artémisinine.
En France, un accès palustre simple sera traité par l’association artéméther-luméfantrine (Riamet®) à dispensation hospitalière obligatoire ou l’association atovaquone-proguanil (Malarone®) pendant 3 jours en per-os ou l’association dihydroartémisinine et pipéraquine (Eurartesim®).
L’accès palustre grave impose le recours à l’artésunate par voie parentérale (Malacef®) plutôt qu’à la quinine parentérale.
Les accès à P. vivax seront traités par la chloroquine (Nivaquine®).
La prévention repose sur l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides rémanents et leur pulvérisation intradomiciliaire, mais les résistances aux pyréthrinoïdes commencent à apparaître dans de nombreux pays. Le voyageur associera une chimioprophylaxie adaptée au pays visité.
(publié le 4 avril 2013)