Transmission nosocomiale du virus de l’hépatite C : persistante, mais évitable

T. Morin, A. Pariente Hygiènes, 2011, vol.19, n°2, pp.41-46. Bibliographie
L’hépatite C est un important problème de santé publique. Les sources de contamination ont beaucoup évolué dans le temps. Alors que la transfusion sanguine était la cause majeure avant 1990, ce mode de contamination a très rapidement disparu. L’usage de drogue est devenu le principal facteur de risque par voie nasale ou surtout intraveineuse mais la transmission nosocomiale jusqu’à présent sous-estimée atteint dans les études thérapeutiques de patients atteints d’hépatite aiguë C, la proportion de 16 à 32%, auxquels s’ajoutent 6 à 12% de cas de transmission professionnelle chez les soignants.
Quatre facteurs de risques nosocomiaux indépendants augmentent le risque de transmission du VHC de façon significative : admission en médecine, en chirurgie, en gynécologie et endoscopie digestive.
La transmission du VHC par un personnel soignant lui-même porteur du virus est très rare. Il s’agit habituellement d’une transmission de patient à patient par l’intermédiaire de matériels mal décontaminés ou par les mains des soignants, impliquant des fautes par non respect des règles d’hygiène de base ou de décontamination des matériels réutilisables.
Une transmission aux soignants par accident d’exposition au sang (AES) peut aussi survenir.
La prévention repose sur une formation initiale et continue sur les précautions standard et mesures de base dans le domaine de l’hygiène et sur les procédures de décontamination des matériels, la sensibilisation régulière de tous les professionnels de santé sur ce thème, les audits de pratiques pour corriger les erreurs, une vigilance permanente, une démarche qualité au quotidien, la mise à disposition de moyens matériels et humains suffisants et de locaux adéquats.
(publié le 29 juillet 2011)